Comment réinstaurer la confiance et préserver la paix ? (Suite 6)
- De l’efficacité économique et la cohésion sociale.
Le principe de l’efficacité économique signifie l’optimisation des performances globales du système productif national.
La cohésion sociale renvoie à la redistribution des fruits de la croissance, permise par de telles performances.
De tels objectifs peuvent paraître antinomiques.
Toutefois, dans le cadre d’une nouvelle vision stratégique, la maximisation de la croissance donc de l’efficacité économique peut se réaliser dans la perspective d’une meilleure répartition des revenus, donc de la cohésion sociale.
Ainsi, au regard de l’ampleur des défis que nourrit une demande sociale en croissance se pose une question fondamentale : comment mettre en place des stratégies de croissance et élaborer des politiques sociales sans que les institutions et les dispositifs qui en constituent le fondement ne soient économiquement contre-productifs ? Dit autrement, quelles modalités publiques de traitement des défis économiques et sociaux mettre en place pour concilier les préférences individuelles des acteurs et les choix collectifs de la Nation dans une perspective de conciliation entre efficacité économique et la cohésion sociale ?
Ce constat part du postulat selon lequel, toute politique de croissance ne peut garantir l’équilibre nécessaire entre efficacité et cohésion sociale sans être valablement ancrée dans le social.
En effet, le social ne doit pas être considéré comme un résidu de la croissance mais plutôt comme un facteur et un objectif de celle-ci.
Ce constat étant fait, deux questions se posent :
- Quel serait le coût global de cette nouvelle stratégie sociale ?
- Comment en assurer le financement ?
En fait, le principe de conciliation entre efficacité économique et cohésion sociale pose le problème des instruments de redistribution des fruits de la croissance. La légitimité de l’impôt et l’amélioration des relations professionnelles constituent les principaux instruments de cette conciliation. De sorte que, si l’efficacité économique et la cohésion sociale sont appréhendées selon cette perspective de changement, elles incitent à réfléchir sur la nécessité d’élaborer un véritable contrat social réunissant l’ensemble des compétences du système économique et social national.
Il s’agit donc d’une perspective privilégiant la solidarité nationale et élevant les stratégies d’insertion par l’économique, la formation, l’action socio-culturelle et la décentralisation au rang de priorités nationales. Ces priorités doivent se fonder aussi bien sur l’État que sur le potentiel d’acteurs nouveaux que recèle la société civile.
En effet, devant les limites objectives de l’État et du marché à apporter des solutions durables à une demande sociale croissante et de faire face aux multiples défis internes et externes, la complémentarité organique entre les acteurs politiques, économiques et sociaux nationaux sur la base d’une gestion solidaire de ces défis devient une nécessité stratégique. Cette gestion solidaire est une condition essentielle pour accroître les performances globales du système productif national, et pour favoriser la conciliation entre efficacité économique et la cohésion sociale.
Dans cette perspective, la concertation politique, économique et sociale entre acteurs, devient une option fondamentale dans la gestion du changement pour au moins quatre raisons :
- Politiquement, elle permet d’accroître les capacités immunitaires du système social contre les aléas et les incertitudes liés aux phénomènes de la globalisation et de l’ouverture ;
- Économiquement, elle rend efficientes et faisables les stratégies de mise à niveau du système productif national au moindre coût pour l’ensemble de la collectivité. Elle rend également possible une maîtrise relative de la relation entre le système éducatif et de formation d’une part, les besoins de l’économie et de la société d’autre part, contribuant ainsi à réguler les déséquilibres que connaissent les marches, en particulier du travail.
- Socialement, elle stimule une dynamique de modernisation des relations professionnelles pouvant déboucher à terme sur la conciliation entre flexibilité et la solidarité.
- – Sur le plan stratégique, enfin, la concertation en matière de gestion des conflits sociaux et politiques, permet de réconcilier d’un côté l’entreprise et les salariés et de l’autre L’État et le citoyen. De ce fait, elle produit auprès de la collectivité une rationalité axée sur le droit et le respect des institutions et entraîne par là une homogénéisation progressive de l’ensemble du système social autour d’une culture du dialogue.
De telles perspectives nécessitent une véritable mutation culturelle à l’échelle de l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux, axée sur la confiance et la stabilité.
Alpha Lassini
