La lecture de l’histoire de l’occident a conduit pendant longtemps, à considérer les progrès économiques, sociaux et politiques comme la résultante logique et directe des nombreuses réformes économiques intervenues (réforme agraire, formation du capital, libération de la main-d’œuvre, révolution technologique, révolution industrielle, taylorisme, etc). Or, de nouvelles interprétations de l’histoire de l’humanité indiquent que le progrès puise sa source, au-delà des facteurs économiques, dans l’éthique de la confiance qui a fondé les différents systèmes économiques performants. Là où cette éthique a pris place, le développement a été rapide et global.
Aujourd’hui la confiance est au cœur de la problématique de la croissance économique et du développement social. Le comportement des agents est de plus en plus régi par la logique de la confiance dans l’entreprise, la monnaie le marché financier, l’investissement et les institutions.
Dans les pays en développement comme la République de Djibouti, le positionnement dans l’économie mondiale dépend de la confiance qui anime les agents économiques nationaux et étrangers pour investir et entreprendre. De même, les rapports de partenariat entre la République de Djibouti et les autres pays sont, de plus en plus, soumis aux degrés de confiance dont jouissent les institutions.
Autant d’arguments qui témoignent de l’importance cruciale de la confiance dans la réussite de tout projet de développement économique et social.
C’est dans ce contexte qu’il faut envisager la nécessaire dynamisation de la confiance et appréhender les ajustements indispensables : relance du dialogue social, amélioration des rapports entre les opérateurs privés et l’administration, réformes institutionnelles.
La confiance n’est pas une simple catégorie morale, abstraite. Elle est aussi une culture. Dans toute démocratie, elle nourrit le quotidien des citoyens. Sa traduction dans les comportements des opérateurs et dans le fonctionnement des institutions revêt la forme d’une efficacité accrue dans la gestion des affaires publiques d’une plus grande transparence dans les rapports entre institutions et citoyens, d’une participation plus large de la population au traitement des problèmes économiques et sociaux enfin, d’une amélioration réelle des relations professionnelles.
Aussi, l’initiation de l’éthique de la confiance, se traduit-elle, d’abord, au niveau des comportements des opérateurs, par le respect de la loi, la culture du civisme et de la solidarité ainsi qu’une plus grande rationalité dans le comportement social et dans le mode culturel de consommation.
Au sein de l’administration, une telle perspective devrait induire plus d’efficience et plus d’équité. Dans ce contexte le service public se présente comme le résultat de l’instauration de rapports conventionnels entre l’administration et les citoyens.
L’émergence de l’éthique de la confiance est, enfin, tributaire, de l’amélioration réelle des relations professionnelles sur lesquelles est fondé le système productif. En effet, l’évolution récente de nombreuses expériences a montré que les économies modernes qui résistent le mieux à la mondialisation et qui enregistrent de meilleures performances sont précisément celles qui ont établi leur système économique sur des relations professionnelles modernes, c’est-à-dire sur la concertation et le respect des intérêts mutuels.
Par ailleurs, les trajectoires différenciées des sociétés révèlent que les transformations brutales conduisent souvent à des impasses et que les ruptures radicales engendrent de lourds coûts civilisationnels.
Dans l’histoire de la République de #Djibouti, l’éthique de la confiance, a toujours fondé les rapports entre les institutions républicaines et le peuple ; constituant la source de légitimité et expliquant la stabilité du système politique.
C’est dans cette perspective qu’il convient d’inscrire les processus de recherche d’un nouveau souffle de la confiance et qu’ambitionnent les réformes institutionnelles que nous appelons de nos vœux. Ce nouveau souffle de la confiance du peuple de Djibouti envers ses institutions devrait consacrer et consolider la légitimité historique, gage de stabilité, ouvrir de ce fait une nouvelle ère plus propice à l’élaboration consensuelle des choix stratégiques de l’avenir.
