LA LIBÉRALISATION DE L’ETAT


UNIVERSITE DE DJIBOUTI – SITE DE BALBALA

Première partie: La libéralisation de l’enseignement supérieur dans les pays du Maghreb: Un examen des mutations internationales et des évolutions régionales

Introduction

Au cours des dernières décennies, l’enseignement supérieur dans le monde entier a été le théâtre de changements profonds et de réformes structurelles. Ces transformations ont été particulièrement marquantes dans les pays du Maghreb, où elles se sont inscrites dans un contexte de libéralisation et de mondialisation de l’éducation. Cet article vise à explorer les différentes facettes de la libéralisation de l’enseignement supérieur dans cette région, en tenant compte des dynamiques internationales et régionales qui ont façonné ce phénomène.

Contexte international et libéralisation de l’enseignement

La libéralisation de l’enseignement supérieur trouve ses origines dans la volonté des pays anglo-saxons d’introduire les principes du marché libre dans le secteur de l’éducation. Cette tendance s’est traduite par l’adoption de règles propres à l’enseignement privé au sein des services publics d’éducation, bouleversant ainsi les politiques publiques et les stratégies académiques. La mondialisation et l’émergence de nouveaux acteurs ont également favorisé l’instauration de nouvelles modalités de coopération scientifique et d’échanges académiques.

Le Maghreb face aux réformes libérales

Dans les pays du Maghreb, la réforme de l’enseignement supérieur s’est opérée dans des contextes politiques souvent caractérisés par un faible degré de libéralisme. Ces réformes, inspirées par les propositions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et de la Commission européenne, ont conduit à l’ouverture d’établissements privés, à la promotion de la présence d’universités étrangères et à l’adoption du processus de Bologne, marqué par l’introduction du système LMD (Licence-Master-Doctorat).

Conséquences des réformes sur l’État-nation

La transformation de l’enseignement supérieur a eu pour effet de remettre en question le concept d’État-nation, en particulier lorsque les marchés éducatifs mondiaux interagissent avec les politiques éducatives nationales. Ces réformes ont succédé aux politiques d’ajustement structurel des années 1980, qui visaient à résoudre la crise institutionnelle des universités. Elles s’efforcent de répondre à la massification de l’enseignement supérieur, à la diversification des parcours académiques et à l’augmentation de la demande d’emploi qualifié.

Gestion étatique et diversification de l’enseignement

Les États du Maghreb ont été confrontés à la nécessité de gérer la diversification de l’enseignement supérieur, tout en préservant leur souveraineté et en répondant aux exigences d’un marché de l’emploi en constante évolution. La gestion étatique de cette diversification s’est souvent traduite par la mise en place de régulations visant à encadrer l’offre éducative privée et à garantir la qualité des formations proposées.

Défis et perspectives

La libéralisation de l’enseignement supérieur dans les pays du Maghreb soulève de nombreux défis, notamment en ce qui concerne l’équité d’accès à l’éducation, la qualité de l’enseignement et la pertinence des formations au regard des besoins du marché du travail. De plus, il est essentiel de s’interroger sur le rôle de l’État dans la régulation de ce secteur et sur les mécanismes de financement de l’enseignement supérieur.

Conclusion

La libéralisation de l’enseignement supérieur dans les pays du Maghreb est un phénomène complexe, influencé par des facteurs internationaux et régionaux. Si elle offre des opportunités de modernisation et d’internationalisation, elle implique également une réflexion approfondie sur les modèles de gouvernance éducative et sur les politiques à mettre en œuvre pour assurer un développement harmonieux du secteur. Il est impératif que les pays du Maghreb trouvent un équilibre entre ouverture et régulation, afin de garantir un enseignement supérieur de qualité, accessible à tous et en adéquation avec les aspirations de leur jeunesse et les exigences d’un monde globalisé.

Deuxième partie: L’enseignement supérieur à Djibouti : entre défis et perspectives

Au cœur de la Corne de l’Afrique, Djibouti se trouve à la croisée des chemins entre développement et défis éducatifs. L’enseignement supérieur dans cette jeune république indépendante depuis 1977, est un domaine qui illustre parfaitement les tensions entre aspirations nationales et contraintes structurelles. Dans cet essai, nous explorerons les défis auxquels est confronté l’enseignement supérieur à Djibouti, ainsi que les perspectives d’évolution qui s’offrent à lui.

Le système éducatif djiboutien, et en particulier l’enseignement supérieur, se trouve dans une phase de transition. La libéralisation et l’ouverture internationale ont apporté de nouvelles opportunités, mais ont également révélé des disparités profondes. Les politiques éducatives actuelles sont souvent critiquées pour leur manque d’efficacité, et l’université nationale est parfois perçue comme une simple solution de repli pour ceux qui ne peuvent pas se permettre d’étudier à l’étranger.

Les défis auxquels l’enseignement supérieur doit faire face à Djibouti sont multiples. 

Premièrement, il y a une question de capacité et de qualité. Les institutions d’enseignement supérieur sont peu nombreuses et souvent surchargées, ce qui compromet la qualité de l’éducation dispensée. La massification de l’enseignement a mené à une surpopulation des classes et à des infrastructures insuffisantes, ce qui a un impact direct sur la réussite et l’employabilité des diplômés.

Deuxièmement, l’adéquation entre les formations proposées et les besoins du marché du travail est un problème persistant. Beaucoup de diplômés se retrouvent sans emploi ou dans des emplois qui ne correspondent pas à leur qualification. Il est donc impératif de réformer les programmes académiques pour qu’ils soient en phase avec les réalités économiques du pays et de la région.

Troisièmement, l’accès à l’enseignement supérieur reste inégal. Les disparités socio-économiques influencent fortement les possibilités d’accès à l’université et aux études à l’étranger. Les étudiants issus de milieux défavorisés sont particulièrement désavantagés, ce qui perpétue un cycle de pauvreté et limite la mobilité sociale.

Malgré ces défis, des perspectives encourageantes peuvent être envisagées. La volonté politique de renforcer l’enseignement supérieur est manifeste, avec des initiatives visant à améliorer la qualité de l’éducation et à favoriser l’intégration internationale de Djibouti. Le développement de partenariats avec des universités étrangères, notamment dans l’espace francophone, est une stratégie prometteuse pour enrichir l’offre éducative et ouvrir des opportunités pour les étudiants djiboutiens.

En outre, l’accent mis sur les formations professionnelles et techniques pourrait contribuer à mieux préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail. L’élaboration de filières en adéquation avec les secteurs porteurs de l’économie djiboutienne, tels que la logistique, les télécommunications ou le tourisme, est un levier potentiel de développement économique et social.

Pour réaliser ces ambitions, une approche multidimensionnelle est nécessaire. Cela implique un investissement accru dans l’éducation, une réforme des curriculums, une meilleure gestion des ressources humaines et matérielles, et une politique d’inclusion sociale pour garantir l’égalité des chances. La coopération internationale, notamment avec les institutions financières mondiales et les partenaires bilatéraux, peut apporter un soutien crucial dans ce processus de transformation.

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Alpha Lassini

Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence porte du fruit. (Rise, Act and Disappear so that the seed bears fruit)