Introduction
Dans un contexte économique mondial marqué par l’incertitude et la complexité, la question de l’emploi des jeunes représente un défi majeur pour de nombreux pays. Djibouti n’est pas en reste face à cette problématique. Avec un taux de chômage élevé, particulièrement parmi les jeunes, le gouvernement djiboutien cherche des solutions pour dynamiser l’économie nationale et réduire le chômage. C’est dans cette optique que l’entrepreneuriat émerge comme une voie prometteuse, capable de générer de la croissance et de l’innovation. Cet essai s’appuie sur les données des enquêtes GEM ( Global Entrepreneurship Monitor) et GUESSS pour explorer la dynamique entrepreneuriale des jeunes Français et envisager des recommandations adaptées au contexte djiboutien.
1. La dynamique entrepreneuriale des jeunes Français
Selon l’enquête GEM 2013, l’intention entrepreneuriale en France diminue avec l’âge, mais reste forte chez les jeunes. Un jeune Français sur quatre de moins de 25 ans envisage de créer son entreprise, et cette proportion reste significative chez les 25-30 ans. Cette tendance est soutenue par l’entrepreneuriat d’opportunité, c’est-à-dire motivé par la détection d’opportunités de marché et non par la nécessité. Cette distinction est cruciale, car l’entrepreneuriat d’opportunité a un potentiel de croissance économique et de création d’emplois plus élevé que l’entrepreneuriat de nécessité.
2. Le contexte de Djibouti
À Djibouti, le gouvernement doit composer avec des défis structurels, notamment un marché de l’emploi restreint et une économie peu diversifiée. Les jeunes Djiboutiens, confrontés à un taux de chômage qui dépasse les 60 % chez les moins de 25 ans, se trouvent dans une situation où l’entrepreneuriat pourrait être perçu comme une nécessité plutôt qu’une opportunité. Néanmoins, il est essentiel d’encourager l’entrepreneuriat d’opportunité pour stimuler l’innovation et la compétitivité.
3. Leçons de la France pour Djibouti
L’expérience française montre que l’entrepreneuriat chez les jeunes peut être renforcé par des perceptions positives et une culture favorable. Les jeunes Français perçoivent l’entrepreneuriat comme un choix de carrière valorisé et lui attribuent un statut social élevé. Ces perceptions sont essentielles pour transformer l’intention entrepreneuriale en actions concrètes. Djibouti pourrait s’inspirer de cet état d’esprit pour développer une culture entrepreneuriale plus forte et mieux valorisée.
4. Recommandations pour Djibouti
Pour renforcer la dynamique entrepreneuriale des jeunes à Djibouti, plusieurs actions peuvent être envisagées :
a. Éducation et formation : Intégrer l’entrepreneuriat dans les programmes éducatifs pour développer les compétences et la confiance nécessaires à la création d’entreprise.
b. Accès au financement : Mettre en place des mécanismes de financement adaptés aux jeunes entrepreneurs, tels que des microcrédits ou des fonds d’amorçage.
c. Accompagnement et mentorat : Créer des structures d’accompagnement pour guider les jeunes entrepreneurs dans le développement de leurs projets.
d. Valorisation médiatique : Utiliser les médias pour promouvoir les succès entrepreneuriaux et inspirer les jeunes.
e. Réseaux et collaboration : Encourager la création de réseaux d’entrepreneurs pour favoriser l’échange d’expériences et de bonnes pratiques.
Conclusion
Pour Djibouti, l’entrepreneuriat des jeunes représente une opportunité de revitaliser l’économie et de réduire le chômage. En s’inspirant de la dynamique observée en France et en adaptant les stratégies au contexte local, Djibouti peut favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs. Cela nécessitera un engagement fort de la part des acteurs gouvernementaux, du secteur privé et de la société civile. Ensemble, ils peuvent contribuer à créer un environnement propice à l’entrepreneuriat jeune et dynamique, porteur d’avenir et de prospérité pour le pays.
