
La gouvernance et la sécurité à Djibouti représentent des enjeux cruciaux pour la stabilité régionale et le développement du pays. Situé dans un carrefour géostratégique de la Corne de l’Afrique, Djibouti se trouve à proximité des voies maritimes essentielles et des zones de conflit du Moyen-Orient, ce qui lui confère une importance disproportionnée par rapport à sa taille et à sa population. Toutefois, cette position stratégique s’accompagne de défis significatifs, notamment en matière de corruption politique et de sécurité.
Corruption Politique
La corruption politique à Djibouti est un problème persistant qui sape les fondements de la gouvernance démocratique et le développement économique. Les rapports d’organisations telles que Transparency International ont mis en lumière l’étendue de la corruption, affectant divers secteurs, de l’attribution des marchés publics à la distribution des ressources. Les élites politiques sont régulièrement accusées de népotisme et de détournement de fonds, utilisant leur position pour s’enrichir et renforcer leur contrôle sur le pouvoir. Cette corruption endémique entrave non seulement le progrès économique mais alimente également le mécontentement au sein de la population, créant un terreau fertile pour les tensions sociales, politiques et sécuritaires.
Défis sécuritaires
Terrorisme
La proximité géographique de Djibouti avec la Somalie, où le groupe terroriste Al-Shabaab reste actif, expose le pays à des risques d’infiltration et d’attaques terroristes. La menace du terrorisme nécessite une vigilance constante et une coopération internationale pour prévenir les attaques sur le sol djiboutien et dans la région.
Conflits régionaux
Les conflits dans les pays voisins, notamment au Yémen, ainsi que les rivalités entre puissances régionales, ont des répercussions directes sur la sécurité et la stabilité de Djibouti. Ces tensions peuvent entraîner des flux de réfugiés, des risques d’escalade militaire et des perturbations économiques.
Piraterie maritime
Bien que la menace de la piraterie ait diminué grâce aux patrouilles internationales et aux efforts de sécurité, les eaux entourant Djibouti restent un point de préoccupation pour la sécurité maritime. Depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle le HAMAS a engagé la lutte armée contre Israel pour la liberté du peuple palestinien, les Houthis du Yemen menent une guerre de soutien à la population de Gaza en interdisant le passage dans le détroit de Bab-El-Mendeb aux navires à destination ou en provenance d’Israel. Une situation qui affecte non seulement le commerce international mais menace également la sécurité des communautés côtières.
Conflits internes
Les tensions internes, y compris les dissensions entre le gouvernement et les groupes d’opposition ou les mouvements sécessionnistes, représentent un défi sécuritaire supplémentaire. La gestion de ces tensions nécessite une gouvernance inclusive et le respect des droits de l’homme pour éviter l’escalade en conflits ouverts.
Réponse du gouvernement et coopération internationale
Pour faire face à ces défis, le gouvernement de Djibouti a cherché à renforcer ses alliances internationales, accueillant des bases militaires de pays tels que les États-Unis, la France et la Chine. Si cette stratégie offre une certaine mesure de sécurité, elle soulève également des questions sur la souveraineté nationale et l’impact de l’influence étrangère sur la politique intérieure.
La gouvernance en matière de sécurité à Djibouti nécessite une approche holistique qui tienne compte des droits de l’homme, de la lutte contre la corruption et du renforcement des capacités locales. La coopération régionale et internationale est essentielle pour développer des stratégies efficaces face aux menaces transnationales, telles que le terrorisme et la piraterie. Or le silence assourdissant de ces grandes puissances sur les dérives du gouvernement Djiboutien en matière de mal gouvernance pose la question du double standard et de l’efficacité de leur stratégie de lutte contre les violences qui sont à l’origine du phénomène terroriste En outre, l’autoritarisme, l’absence de transparence et l’irresponsabilité généralisée au sein du gouvernement et de son administration constituent non seulement la cause de la perte de confiance publique mais également un terreau pour une insurrection populaire de type “printemps arabes”.
En conclusion, Djibouti se trouve à un carrefour de défis et d’opportunités. La lutte contre la corruption politique et l’adressage efficace des menaces sécuritaires sont indispensables pour assurer la stabilité du pays et de la région. Cela nécessite un engagement soutenu tant au niveau national qu’international, pour promouvoir une gouvernance équitable et sécurisée qui bénéficie à tous les Djiboutiens.


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