LA PROMOTION DE LA CULTURE DJIBOUTIENNE


Après avoir longuement observé le paysage politique et culturel, il est devenu évident que les ministres en charge de la culture, au fil des années et des gouvernements successifs, ont montré une méconnaissance profonde, voire une indifférence, envers le domaine qu’ils sont censés promouvoir et protéger. Cette réalité, bien qu’amère, soulève des questions fondamentales sur la place de la culture dans nos sociétés et sur la manière dont elle est perçue et gérée au plus haut niveau de l’État.

La culture, dans son acception la plus large, englobe tous les aspects de la vie sociale, intellectuelle, artistique et spirituelle d’une communauté ou d’une société. Elle se manifeste à travers les arts, la littérature, les traditions, les langues, les pratiques sociales et les croyances. La culture est dynamique; elle évolue, s’adapte et se transforme avec le temps, reflétant les changements et les progrès d’une société. C’est pourquoi une politique culturelle efficace doit être flexible, inclusive et réceptive aux nouveaux courants de pensée et aux expressions culturelles émergentes.

Cependant, l’observation des politiques culturelles mises en œuvre révèle un manque d’engagement réel pour la préservation et la promotion de la diversité culturelle. L’approche souvent adoptée par les responsables politiques semble être dictée par une vision étroite, limitée à des considérations économiques ou à la valorisation d’un patrimoine culturel figé, ignorant les expressions culturelles contemporaines et les besoins réels des communautés artistiques et culturelles.

La République de Djibouti offre un exemple pertinent de la manière dont une politique culturelle peut être orientée vers la réhabilitation des valeurs culturelles tout en faisant face à des défis liés à l’unicité idéologique et à la répression des voix dissidentes. Comme dans de nombreux autres contextes, la culture à Djibouti est perçue à la fois comme un vecteur de développement et un outil de contrôle politique. Cette dualité souligne la complexité de la gestion de la culture dans un environnement où les aspirations à la liberté d’expression et à la diversité culturelle se heurtent à des impératifs politiques et idéologiques.

L’expérience djiboutienne, ainsi que celle d’autres nations, montre que pour qu’une politique culturelle soit véritablement efficace et bénéfique pour la société, elle doit transcender les intérêts politiques étroits et s’engager de manière authentique avec la communauté culturelle dans toute sa diversité. Elle doit reconnaître et valoriser les expressions culturelles contemporaines, soutenir la création artistique et intellectuelle, et promouvoir l’accès à la culture pour tous les citoyens. De plus, une politique culturelle inclusive et dynamique devrait encourager le dialogue interculturel, contribuant ainsi à la cohésion sociale et à l’enrichissement mutuel des individus et des communautés.

Pour atteindre ces objectifs, il est impératif que les responsables politiques développent une compréhension profonde de la culture, non seulement comme un héritage à préserver, mais aussi comme une force vivante et évolutive qui contribue au bien-être social, à l’innovation et au développement durable. Cela nécessite une volonté politique claire, des investissements significatifs dans le secteur culturel et une collaboration étroite avec les acteurs culturels, les artistes, les intellectuels et les communautés.

En conclusion, la culture, dans toute sa richesse et sa diversité, est au cœur de l’identité d’une société et joue un rôle crucial dans son développement. Les défis auxquels sont confrontés les ministres en charge de la culture soulignent la nécessité d’une réflexion approfondie et d’une action résolue pour repenser les politiques culturelles. Il est temps de reconnaître la culture comme un domaine essentiel qui mérite une attention, un respect et un soutien équivalents à ceux accordés à d’autres secteurs stratégiques. Seule une approche holistique et inclusive de la politique culturelle peut garantir l’épanouissement de la diversité culturelle et contribuer au développement harmonieux de nos sociétés.

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Alpha Lassini

Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence porte du fruit. (Rise, Act and Disappear so that the seed bears fruit)