Dans le grand théâtre de l’histoire des droits des femmes, où chaque acte et chaque scène ont été marqués par des luttes acharnées et des victoires éclatantes, il est des étoiles qui brillent d’un éclat particulier, illuminant le chemin pour des générations futures. Parmi ces étoiles, Madame Aïcha Bogoreh Darar (rahimaha Allah) se distingue comme un véritable phare dans la nuit, guidant avec force et détermination le navire de la cause féminine vers des horizons de justice et d’égalité. Sa vie, son œuvre, et son héritage constituent une source d’inspiration inépuisable, non seulement pour les femmes de Djibouti mais pour toutes celles et ceux qui, à travers le monde, aspirent à un avenir où l’égalité des sexes ne serait plus un rêve, mais une réalité palpable.
Née dans une époque où les droits des femmes étaient relégués au second plan, Madame Aïcha Bogoreh Darar a su, par sa vision, son courage et son indéfectible engagement, briser les barrières et ouvrir des voies nouvelles. Fondatrice de l‘Union Nationale des Femmes Djiboutiennes, du Croissant Rouge Djiboutien, (U.N.F.D) et du Centre de protection des filles « Centre Aicha Bogoreh », elle a posé les premiers jalons d’un mouvement qui allait transformer en profondeur la société djiboutienne, en mettant au premier plan la lutte contre les mutilations génitales féminines, (MGF) une pratique douloureuse et dangereuse qui marquait la vie de nombreuses femmes et filles.
Sa participation comme signataire de la quatrième Convention mondiale sur les femmes de Beijing en septembre 1995 n’était pas seulement un acte de présence. C’était une affirmation puissante de sa volonté de porter la voix des femmes djiboutiennes sur la scène internationale, de faire entendre leurs souffrances, leurs espoirs et leurs rêves. Elle a su, par sa persévérance, s’assurer que la cause des femmes ne soit pas seulement entendue, mais qu’elle devienne une priorité dans l’agenda politique de son pays et au-delà.

L’année 1998 a vu la création, sous son impulsion, d’une direction dédiée à la protection des droits des femmes djiboutiennes, prélude à la création d’un Ministère en 1999, suite à l’élection du Président Ismaïl Omar Guelleh. Cette avancée majeure n’aurait pas été possible sans la vision et la détermination de Madame Aïcha Bogoreh Darar. Elle a su transformer ses convictions en actions concrètes, changeant ainsi le cours de l’histoire pour les femmes de son pays.
Le combat de Madame Aïcha Bogoreh Darar est un témoignage éloquent de ce que la passion, le dévouement et la foi en la justice peuvent accomplir. Elle était, pour reprendre les mots poignants de Mariama Bâ, « mère pour comprendre l’inexplicable, mère pour illuminer les ténèbres ». Elle a été cette mère pour toutes les femmes et filles de Djibouti, leur offrant amour, soutien et protection, leur montrant que malgré les épreuves, un avenir meilleur était possible.
En ce 8 mars, alors que nous allons célébré la journée internationale des droits de la femme, rendons un hommage vibrant à Madame Aïcha Bogoreh Darar, cette grande dame dont la vie et l’œuvre continuent d’inspirer et de motiver. Son héritage est un flambeau qui éclaire notre chemin, nous rappelant que le combat pour l’égalité et la justice est un combat de tous les instants, qui nécessite courage, persévérance et un cœur rempli d’amour.
Madame Aïcha Bogoreh Darar, par son exemple, nous montre que chaque pas, chaque action compte dans la longue marche vers l’égalité. Elle nous invite à prendre le relais, à continuer le combat avec la même ardeur et la même foi en un monde meilleur. Son message est clair : l’égalité des sexes n’est pas seulement un idéal lointain, c’est une réalité à construire, jour après jour, ensemble.
En mémoire de Madame Aïcha Bogoreh Darar, en reconnaissance de son incroyable contribution à la cause des femmes, engageons-nous à poursuivre son œuvre, à être, à notre tour, des phares dans la nuit des droits des femmes. Car, comme elle nous l’a enseigné, on est mère, on est femme, on est humain, pour aimer sans commencement ni fin, pour affronter le déluge, pour illuminer les ténèbres.

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