BESOIN D’UN VRAI ETAT DE DROIT A DJIBOUTI


Introduction

Contexte historique de l’indépendance de Djibouti (27 juin 1977)

Le 27 juin 1977, le peuple de Djibouti célébrait son indépendance, marquant la fin de la domination coloniale française et le début d’une nouvelle ère d’autodétermination. Ce jour-là, les espoirs et les rêves d’une nation longtemps soumise à l’oppression étrangère se sont enfin matérialisés. Djibouti, avec sa position stratégique dans la Corne de l’Afrique, avait longtemps été un enjeu géopolitique majeur, disputé par diverses puissances coloniales. Le contrôle français sur ce territoire avait commencé à la fin du 19ème siècle, et malgré les promesses de développement et de modernisation, le peuple djiboutien avait subi les affres de la domination coloniale, notamment l’exploitation économique, la marginalisation politique et la répression culturelle.

L’indépendance de Djibouti n’était pas seulement un acte politique, mais aussi une victoire morale pour un peuple qui avait lutté pendant des décennies pour sa liberté. Cette journée symbolisait la fin d’une ère de soumission et le début d’une nouvelle époque où les Djiboutiens pourraient enfin façonner leur propre destin. Le peuple de Djibouti nourrissait de grandes attentes quant à l’avenir de leur nation, espérant que l’indépendance apporterait non seulement la liberté politique, mais aussi la justice sociale, le développement économique et la dignité humaine.

Le contexte de l’indépendance était marqué par un désir profond de transformation. Le peuple djiboutien aspirait à construire un État fondé sur des principes de justice, d’équité et de droit, où chaque citoyen aurait la possibilité de participer à la vie publique, où les libertés fondamentales seraient respectées, et où le développement économique profiterait à tous. L’indépendance était perçue comme une opportunité de réécrire l’histoire, de corriger les injustices du passé et de bâtir une nation où l’égalité, la justice et la prospérité seraient accessibles à tous. Cependant, cet espoir d’un nouvel ordre politique et social s’accompagnait également de nombreux défis, notamment celui de rompre avec les pratiques autoritaires héritées de la période coloniale et de mettre en place un véritable État de Droit.

Définition et importance de l’État de Droit

L’État de Droit est un concept fondamental dans toute démocratie moderne. Il désigne un système dans lequel les lois sont au-dessus de tous, où aucune personne, qu’elle soit dirigeante ou simple citoyenne, n’est au-dessus de la loi. Ce principe garantit que le pouvoir est exercé dans le respect des lois établies, et non de manière arbitraire. Pour le peuple djiboutien, aspirer à un État de Droit lors de l’indépendance signifiait un rejet des abus de pouvoir qui avaient marqué l’ère coloniale. C’était un appel à la construction d’une société où chaque individu aurait le droit et la possibilité de participer à la vie publique, où les libertés fondamentales seraient respectées, et où la justice serait accessible à tous.

Dans un État de Droit, les pouvoirs de l’État sont clairement définis et séparés pour éviter toute concentration excessive du pouvoir qui pourrait mener à des abus. Cela inclut la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, chacun ayant un rôle distinct mais complémentaire. Ce cadre légal et institutionnel est essentiel pour garantir que les droits des citoyens sont protégés et que le gouvernement agit dans l’intérêt du peuple. En outre, l’État de Droit favorise un climat de confiance et de sécurité, qui est indispensable pour le développement économique et social. En somme, l’État de Droit est perçu non seulement comme une condition sine qua non pour la démocratie, mais aussi comme le fondement de tout progrès durable.

Le concept d’État de Droit s’oppose à celui de l’État arbitraire, où les décisions sont prises en fonction des caprices des dirigeants, sans égard pour les lois ou les droits des citoyens. Dans un tel système, le pouvoir est souvent utilisé pour servir les intérêts d’une élite restreinte, au détriment du bien commun. L’État de Droit, au contraire, implique que le pouvoir est exercé de manière transparente, responsable et en conformité avec les lois, qui sont elles-mêmes le reflet de la volonté populaire. Pour Djibouti, l’établissement d’un État de Droit était donc essentiel pour garantir que l’indépendance politique se traduise par une véritable liberté pour tous les citoyens, et non par une simple redistribution du pouvoir entre différentes élites.

1. L’État de Droit : un idéal pour Djibouti

Les aspirations du peuple djiboutien en 1977

En 1977, lors de l’indépendance, les aspirations du peuple djiboutien étaient claires et résolues. Après des décennies de colonisation et de domination étrangère, le peuple souhaitait un État où le pouvoir ne serait plus un outil de répression, mais un service dédié à l’amélioration de la société. L’idée était de transformer l’autorité en un mécanisme au service du bien commun, où ceux qui détiennent le pouvoir seraient responsables non seulement devant la loi, mais aussi devant le peuple. Cette vision est profondément enracinée dans le concept d’auctoritas, qui dans l’Antiquité romaine signifiait non seulement le pouvoir d’agir, mais aussi la responsabilité morale de guider et d’élever la communauté.

L’idéal d’un État où le pouvoir serait un service repose sur la conviction que la gouvernance doit être exercée pour le bien du plus grand nombre, et non pour les intérêts d’une minorité. Cela impliquait un engagement envers la transparence, l’équité, et la justice sociale. Le peuple djiboutien voulait voir émerger un État où les décisions seraient prises non pas en fonction des caprices de quelques-uns, mais dans l’intérêt de tous les citoyens, en particulier les plus vulnérables. Ces aspirations étaient non seulement un rejet des injustices du passé, mais aussi une affirmation d’un avenir où la dignité humaine serait au cœur de la gouvernance.

Le peuple de Djibouti aspirait également à un État où les droits de chacun seraient respectés, où les libertés fondamentales – telles que la liberté d’expression, la liberté de réunion, et le droit à un procès équitable – seraient garanties pour tous. L’indépendance était vue comme une opportunité de bâtir un État où les citoyens pourraient vivre sans crainte de l’arbitraire, où ils pourraient s’exprimer librement, participer à la vie publique, et être protégés contre les abus de pouvoir. Cette vision d’un État de Droit était centrale pour le projet de nation que le peuple djiboutien cherchait à construire, un projet fondé sur les principes de justice, de liberté, et de respect des droits de l’homme.

La séparation des pouvoirs : un pilier fondamental

L’une des attentes clés du peuple djiboutien était la mise en place d’une véritable séparation des pouvoirs. La séparation des pouvoirs est un principe fondamental dans tout État de Droit, visant à prévenir l’abus de pouvoir en répartissant les responsabilités entre les différentes branches du gouvernement : l’exécutif, le législatif et le judiciaire. Cette division permet de créer un système de freins et contrepoids, où chaque pouvoir peut surveiller et limiter les excès des autres. Pour Djibouti, un pays fraîchement indépendant, cette séparation des pouvoirs était perçue comme essentielle pour éviter les dérives autoritaires et garantir une gouvernance juste et équilibrée.

La mise en place d’une telle séparation des pouvoirs impliquait non seulement des réformes institutionnelles profondes, mais aussi un changement de mentalité. Il s’agissait de reconnaître que le pouvoir n’est pas une fin en soi, mais un moyen de servir la société. Les dirigeants devaient être tenus responsables de leurs actions, et les citoyens devaient avoir les moyens de participer activement à la vie publique, que ce soit par le vote, par la participation à des débats publics, ou par le recours à la justice pour défendre leurs droits. En somme, la séparation des pouvoirs était vue comme la clé de voûte d’une démocratie véritable et durable à Djibouti.

Le principe de la séparation des pouvoirs, tel qu’il a été conçu par Montesquieu dans « L’Esprit des lois », repose sur l’idée que pour éviter la tyrannie, il est nécessaire de séparer les fonctions exécutives, législatives et judiciaires du gouvernement. En d’autres termes, ceux qui font les lois ne doivent pas être les mêmes que ceux qui les appliquent, et ceux qui jugent les infractions à ces lois doivent être indépendants de ceux qui les ont édictées. Pour le peuple djiboutien, ce principe représentait une garantie contre le retour à un système où le pouvoir serait concentré entre les mains d’une seule personne ou d’un petit groupe, comme cela avait été le cas sous la colonisation.

À Djibouti, la mise en place d’une séparation effective des pouvoirs aurait permis de garantir que les décisions du gouvernement soient prises de manière transparente et en consultation avec les représentants du peuple. Elle aurait également assuré que les citoyens aient recours à un système judiciaire indépendant et impartial pour faire valoir leurs droits. En outre, la séparation

 des pouvoirs aurait favorisé l’émergence d’une presse libre et d’une société civile active, capables de jouer leur rôle de contre-pouvoirs en surveillant les actions du gouvernement et en dénonçant les abus.

La liberté de la presse et la société civile

Outre la séparation des pouvoirs, le peuple de Djibouti aspirait à une presse libre et responsable, ainsi qu’à une société civile dynamique. La liberté de la presse est l’un des piliers fondamentaux de toute démocratie, car elle garantit que les citoyens sont informés des actions de leur gouvernement et peuvent ainsi participer de manière éclairée à la vie publique. Une presse libre joue le rôle de contre-pouvoir, en exposant les abus et en demandant des comptes aux autorités. Elle permet également de refléter la diversité des opinions et des voix au sein de la société, assurant que les débats publics ne soient pas monopolisés par une élite restreinte.

Le peuple djiboutien voyait dans la liberté de la presse un moyen de s’assurer que les promesses d’indépendance ne seraient pas trahies. Après des années de censure et de propagande sous la domination coloniale, il était crucial que les médias puissent opérer sans entrave, en toute indépendance, pour surveiller les actions du gouvernement et garantir la transparence des institutions. Cependant, la liberté de la presse ne peut s’épanouir sans un cadre légal qui protège les journalistes et les organes de presse, tout en leur imposant des responsabilités éthiques et professionnelles.

Une presse libre et responsable permet également d’éduquer et d’informer le public, en donnant accès à une information diversifiée et de qualité. Elle joue un rôle crucial dans la formation de l’opinion publique, en permettant aux citoyens de se forger leurs propres opinions sur les questions politiques, économiques et sociales qui les concernent. Dans un État de Droit, la liberté de la presse est donc indispensable pour garantir que les citoyens soient bien informés, qu’ils puissent participer pleinement à la vie publique, et qu’ils puissent demander des comptes à leurs dirigeants.

Parallèlement, une société civile forte et active était également perçue comme un élément indispensable pour la consolidation de l’État de Droit à Djibouti. Les mouvements associatifs, les syndicats, les organisations non gouvernementales (ONG) et les coopératives jouent un rôle clé dans la mobilisation des citoyens, la défense des droits et la promotion du développement économique et social. Ils permettent aux citoyens de s’organiser, de défendre leurs intérêts et de participer activement à la vie de la nation. En encourageant la formation de telles organisations, le peuple djiboutien espérait créer un tissu social robuste capable de résister aux tentatives de concentration du pouvoir et de garantir que les bénéfices de l’indépendance seraient partagés par tous.

Une société civile dynamique est également essentielle pour garantir que les citoyens aient les moyens de faire entendre leur voix et de participer activement à la vie publique. Elle offre un espace de dialogue et de débat, où les citoyens peuvent exprimer leurs préoccupations, proposer des solutions et demander des comptes à leurs dirigeants. Dans un État de Droit, la société civile joue donc un rôle de médiateur entre les citoyens et l’État, en veillant à ce que les décisions du gouvernement soient prises dans l’intérêt de la population et en garantissant que les droits des citoyens soient respectés.

2. La trahison des idéaux de l’indépendance

La « tragique inculture historique » des dirigeants

Malheureusement, les espoirs du peuple djiboutien ont rapidement été trahis par ceux qui ont pris le pouvoir après l’indépendance. Une « tragique inculture historique » chez les dirigeants résume bien l’incapacité de ces derniers à comprendre les leçons de l’histoire et à les appliquer pour le bien de la nation. Cette inculture historique se manifeste par une tendance à reproduire les schémas de domination et de répression qui ont caractérisé la période coloniale, au lieu de s’en éloigner pour construire un avenir différent. Les nouveaux dirigeants, au lieu de voir leur rôle comme un service au peuple, ont souvent perçu le pouvoir comme une fin en soi, à préserver à tout prix, même au détriment des principes de justice et de liberté pour lesquels le peuple avait lutté.

Cette trahison des idéaux de l’indépendance est particulièrement visible dans les pratiques autoritaires qui ont émergé après l’accession au pouvoir des nouvelles élites. La répression de l’opposition politique, la censure des médias, et le recours à la violence pour maintenir l’ordre sont devenus monnaie courante, rappelant tragiquement les méthodes des anciens colonisateurs. Cette dérive autoritaire a non seulement sapé la confiance du peuple dans ses dirigeants, mais a aussi contribué à l’érosion des institutions démocratiques, rendant de plus en plus difficile l’établissement d’un véritable État de Droit à Djibouti.

La « tragique inculture historique » se traduit également par une ignorance ou un mépris des valeurs qui devraient guider un État de Droit. Au lieu de promouvoir la justice, l’égalité et la liberté, les dirigeants ont souvent préféré utiliser le pouvoir pour enrichir leurs proches, punir leurs ennemis, et maintenir leur contrôle sur les ressources du pays. Ce détournement des idéaux de l’indépendance a eu des conséquences désastreuses pour la société djiboutienne, en exacerbant les inégalités, en attisant les tensions sociales, et en créant un climat de méfiance généralisée.

Cette trahison des idéaux de l’indépendance est d’autant plus grave qu’elle s’inscrit dans un contexte où les attentes étaient particulièrement élevées. Le peuple djiboutien, après des années de lutte pour sa liberté, espérait voir émerger un État fondé sur la justice et le respect des droits de l’homme. Au lieu de cela, il a été confronté à une nouvelle forme d’oppression, exercée cette fois par ses propres dirigeants. Cette situation a non seulement brisé les espoirs de nombreux Djiboutiens, mais elle a aussi contribué à alimenter un sentiment de désillusion et de cynisme à l’égard de la politique et des institutions.

Le détournement des institutions de la République

Les institutions de la République, censées garantir la séparation des pouvoirs et protéger les droits des citoyens, ont été progressivement détournées de leur fonction première. Le pouvoir exécutif, au lieu de servir le peuple, est devenu un instrument d’oppression, utilisé pour consolider l’autorité de quelques-uns au détriment de la majorité. Le président et ses proches conseillers ont souvent centralisé le pouvoir, marginalisant les autres branches du gouvernement et prenant des décisions sans consultation ni débat. Cette centralisation du pouvoir a non seulement affaibli la démocratie, mais a aussi créé un environnement propice à la corruption et à l’abus de pouvoir.

Le pouvoir législatif, qui devrait être le reflet de la volonté populaire, a souvent été réduit à un rôle de chambre d’enregistrement, approuvant sans débat les décisions de l’exécutif. Cette situation est exacerbée par l’absence d’une véritable opposition politique, souvent réprimée ou réduite au silence. En conséquence, les lois adoptées ne reflètent pas toujours les besoins et les aspirations du peuple, mais plutôt les intérêts d’une élite restreinte. Cette situation a contribué à creuser le fossé entre les dirigeants et le peuple, renforçant le sentiment de méfiance et d’aliénation au sein de la population.

Quant au pouvoir judiciaire, il a souvent été utilisé comme un outil de répression, plutôt que comme un gardien des droits des citoyens. Les juges, censés être indépendants et impartiaux, ont parfois été nommés en fonction de leur loyauté au régime plutôt qu’en raison de leur compétence ou de leur intégrité. Cette politisation de la justice a eu pour effet de miner la confiance du peuple dans le système judiciaire, rendant la justice inaccessible pour de nombreux Djiboutiens, en particulier les plus vulnérables. Le détournement des institutions de la République a ainsi conduit à une érosion progressive de l’État de Droit, rendant de plus en plus difficile la réalisation des idéaux de justice et de liberté pour lesquels le peuple avait lutté.

Le détournement des institutions de la République a également eu pour effet de renforcer le sentiment d’impuissance parmi les citoyens. Face à des institutions qui ne fonctionnent plus dans l’intérêt général, mais qui sont au service d’une minorité au pouvoir, de nombreux Djiboutiens ont perdu confiance dans la capacité du système à répondre à leurs besoins et à défendre leurs droits. Ce sentiment d’impuissance a contribué à un désengagement politique croissant, avec une participation de plus en plus faible aux élections et une diminution de l’activisme citoyen. Ce désengagement, à son tour, a permis aux dirigeants en place de consolider leur pouvoir, créant ainsi un cercle vicieux qui a encore affaibli l’État de Droit à Djibouti.

La marginalisation de l’intelligence et de l’imagination

L’une des conséquences les plus graves de cette trahison des idéaux de l’indépendance est la marginalisation de l’intelligence et de l’imagination dans la vie publique djiboutienne. L’intelligence, entendue comme la capacité à analyser, à comprendre et à résoudre les problèmes de manière créative, est essentielle pour la bonne gouvernance. Elle permet de prendre des décisions éclairées, fondées sur une compréhension profonde des enjeux et des besoins de la société. L’imagination, quant à elle, est la capacité de concevoir de nouvelles solutions, d’innover et de projeter l’avenir. Ensemble, ces deux qualités sont indispensables pour construire une société juste, prospère et durable.

Cependant, à Djibouti, l’intelligence et l’imagination ont souvent été reléguées au second plan, remplacées par la médiocrité et le conformisme. Les dirigeants, soucieux de maintenir leur pouvoir, ont parfois préféré entourer leur cercle de conseillers de personnes loyales mais peu compétentes, plutôt que de s’entourer de penseurs critiques et d’innovateurs. Cette marginalisation de l’intelligence a non seulement appauvri le débat public, mais a aussi conduit à des décisions souvent inefficaces, voire destructrices. Lorsque l’intelligence est absente des cercles de pouvoir, les solutions aux problèmes du pays deviennent superficielles, et les défis sont souvent ignorés ou mal gérés.

De plus, l’imagination, qui devrait être le moteur de l’innovation et du progrès, a également été étouffée. Les initiatives créatives et les idées nouvelles ont été souvent réprimées ou ignorées, au profit de solutions traditionnelles ou conservatrices qui ne répondent pas aux besoins actuels de la société. Cette absence de vision pour l’avenir a contribué à la stagnation du développement économique et social du pays, rendant les jeunes générations désillusionnées et frustrées. La marginalisation de l’intelligence et de l’imagination a ainsi non seulement freiné le progrès, mais a aussi renforcé l’emprise des dirigeants sur le pouvoir, en réduisant la capacité du peuple à proposer et à mettre en œuvre des alternatives.

L’absence de débat critique et de réflexion innovante dans les cercles du pouvoir a également eu pour conséquence de restreindre la capacité du pays à répondre aux défis complexes auxquels il est confronté. Que ce soit en matière de développement économique, de gestion des ressources naturelles ou de politique sociale, l’absence d’une vision stratégique fondée sur l’intelligence et l’imagination a conduit à des politiques souvent inefficaces, voire contre-productives. Cette situation a non seulement contribué à exacerber les problèmes existants, mais elle a aussi empêché Djibouti de saisir les opportunités de développement qui se présentaient, renforçant ainsi la dépendance du pays à l’égard de l’aide extérieure et limitant son autonomie.

3. La résilience du peuple djiboutien : vers une nouvelle aube

Le désir de reconquête des droits et libertés

Malgré les nombreux défis et les trahisons des idéaux de l’indépendance, le peuple djiboutien n’a jamais perdu de vue ses aspirations initiales. Le désir de reconquérir ses droits et libertés, de briser les chaînes de l’oppression et de bâtir un avenir meilleur, reste profondément ancré dans la conscience collective. Ce désir s’exprime à travers divers mouvements populaires, souvent menés par la jeunesse, qui refuse de se résigner à l’autoritarisme. Ces mouvements, bien que souvent réprimés, montrent la résilience du peuple djiboutien et son engagement à lutter pour un véritable État de Droit.

La résistance à l’oppression prend de nombreuses formes. Elle peut se manifester par des protestations publiques, des grèves, ou des campagnes de sensibilisation, mais aussi par des actions plus discrètes, comme l’organisation de réunions clandestines ou la création de réseaux de solidarité. Ces mouvements, bien que souvent confrontés à une répression violente, témoignent du courage et de la détermination des Djiboutiens à ne pas abandonner leur quête de justice et de liberté. Ils montrent que, malgré les obstacles, le rêve d’un Djibouti démocratique et respectueux des droits de l’homme est toujours vivant.

En outre, la diaspora djiboutienne joue également un rôle important dans cette lutte. Les Djiboutiens vivant à l’étranger, souvent mieux informés et ayant accès à plus de ressources, utilisent leur position pour sensibiliser la communauté internationale aux violations des droits de l’homme dans leur pays et pour soutenir les efforts de ceux qui luttent sur le terrain. Cette solidarité transnationale renforce le mouvement pour la démocratie à Djibouti et montre que la lutte pour les droits et les libertés ne connaît pas de frontières.

Le désir de reconquête des droits et libertés se traduit également par une volonté de réformer les institutions pour qu’elles soient plus transparentes, plus responsables, et plus inclusives. Les Djiboutiens aspirent à un État où les dirigeants sont tenus de rendre des comptes à leurs citoyens, où la justice est accessible à tous, et où les lois sont appliquées de manière équitable. Ils souhaitent également que la voix de la société civile soit entendue et respectée, et que les médias puissent jouer leur rôle de contre-pouvoir sans craindre la censure ou les représailles. En somme, le peuple djiboutien aspire à un État de Droit véritable, où les droits et les libertés sont garantis pour tous, et où chacun peut participer pleinement à la vie de la nation.

L’intelligence et l’imagination comme moteurs de changement

Pour que Djibouti puisse réellement progresser vers un avenir meilleur, il est essentiel de redonner à l’intelligence et à l’imagination la place qui leur revient dans la gouvernance et la vie publique. L’éducation est le premier levier pour atteindre cet objectif. En investissant dans une éducation de qualité, accessible à tous, Djibouti peut former une nouvelle génération de leaders capables de penser de manière critique et créative. Ces leaders seront mieux équipés pour comprendre les défis auxquels leur pays est confronté et pour concevoir des solutions innovantes et durables.

L’éducation ne se limite pas à l’acquisition de connaissances techniques ou académiques ; elle inclut également la formation à la citoyenneté, à l’esprit critique et à la responsabilité civique. En inculquant ces valeurs dès le plus jeune âge, Djibouti peut former des citoyens conscients de leurs droits et devoirs, capables de participer activement à la vie publique et de défendre les principes de l’État de Droit. L’éducation doit également encourager l’imagination et la créativité, en permettant aux jeunes d’explorer de nouvelles idées, de prendre des risques et de penser en dehors des sentiers battus.

En parallèle, il est crucial de créer un environnement où l’intelligence et l’imagination sont valorisées et récompensées. Cela implique de réformer les institutions pour qu’elles soient plus inclusives et ouvertes aux idées nouvelles, mais aussi de promouvoir une culture du débat et de la critique constructive. Les intellectuels, les artistes et les penseurs doivent être encouragés à s’exprimer librement, sans crainte de répression, et à contribuer au développement de la société. En redonnant à l’intelligence et à l’imagination leur place légitime, Djibouti peut espérer surmonter les défis actuels et se diriger vers un avenir plus juste et plus prospère.

Les réformes nécessaires pour encourager l’intelligence et l’imagination passent également par la promotion de la recherche scientifique et de l’innovation technologique. Djibouti doit investir dans ses universités et ses centres de recherche, en leur fournissant les ressources nécessaires pour mener des travaux de qualité et en les encourageant à explorer de nouvelles pistes. Le pays doit également créer des incitations pour les entreprises qui innovent, que ce soit en matière de technologie, de gestion ou de développement durable. En soutenant l’innovation, Djibouti pourra non seulement améliorer sa compétitivité économique, mais aussi répondre plus efficacement aux défis sociaux et environnementaux auxquels il est confronté.

La vision d’un Djibouti libre et souverain

L’avenir de Djibouti dépend de sa capacité à renouer avec les principes d’un État de Droit. Pour réaliser pleinement son potentiel, Djibouti doit s’engager à garantir les libertés fondamentales pour tous ses citoyens, à assurer une séparation effective des pouvoirs, et à instaurer une gouvernance transparente et responsable. Cela nécessitera des réformes institutionnelles profondes, mais aussi un changement de mentalité au sein de la classe dirigeante et de la société en général.

Un Djibouti libre et souverain est un pays où chaque citoyen a le droit de s’exprimer, de participer à la vie publique, et de vivre dans la dignité. C’est un pays où la justice est accessible à tous, où les dirigeants sont tenus responsables de leurs actions, et où les ressources nationales sont gérées de manière équitable et durable. Un tel Djibouti pourrait non seulement répondre aux besoins de sa population, mais aussi devenir un modèle de gouvernance démocratique et de développement en Afrique de l’Est.

En outre, l’intégration régionale et internationale offre de nombreuses opportunités pour Djibouti. En s’engageant dans des partenariats économiques, politiques et culturels avec ses voisins et avec la communauté internationale, Djibouti peut renforcer sa position sur la scène mondiale et contribuer à la stabilité et à la prospérité de la région. Cependant, pour que ces opportunités se concrétisent, il est essentiel que Djibouti devienne un partenaire majeur, fondé sur les principes de justice, de liberté et de dignité humaine.

Un Djibouti libre et souverain doit également être un pays qui respecte et protège son environnement, qui valorise ses ressources naturelles et qui s’engage dans une voie de développement durable. La protection de l’environnement et la gestion durable des ressources sont essentielles pour garantir un avenir prospère pour les générations futures. Djibouti, avec ses richesses naturelles et sa biodiversité unique, a le potentiel de devenir un leader en matière de développement durable en Afrique. Pour ce faire, il doit investir dans des politiques environnementales ambitieuses, encourager l’innovation écologique et sensibiliser sa population aux enjeux environnementaux.

Conclusion

Synthèse des enjeux abordés

L’essai a exploré les aspirations du peuple djiboutien lors de l’indépendance, notamment le désir d’établir un État de Droit basé sur la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse et une société civile dynamique. Cependant, ces idéaux ont été trahis par les dérives autoritaires de ceux qui ont pris le pouvoir, conduisant à une marginalisation de l’intelligence et de l’imagination. Malgré ces défis, le peuple djiboutien continue de lutter pour reconquérir ses droits et libertés, et aspire à un avenir où l’État de Droit sera enfin une réalité.

Un appel à l’action

Pour que Djibouti puisse réaliser pleinement son potentiel, il est crucial que les citoyens s’engagent activement dans la vie publique, défendent les principes de justice et de liberté, et veillent à ce que les dirigeants soient tenus responsables de leurs actions. L’avenir de Djibouti repose sur la capacité de son peuple à briser les chaînes de l’oppression et à construire un État véritablement démocratique, où l’intelligence, l’imagination et la dignité humaine sont au cœur de la gouvernance. Le chemin vers cette nouvelle aube sera sans doute semé d’embûches, mais la détermination et la résilience du peuple djiboutien sont les meilleurs atouts pour surmonter ces défis et bâtir un avenir meilleur.

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Alpha Lassini

Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence porte du fruit. (Rise, Act and Disappear so that the seed bears fruit)