L’indépendance enchaînée : Quand Djibouti appelle la France pour réécrire sa Constitution


Introduction : Le Cri de Fanon Résonne Encore

Djibouti, terre d’indépendance conquise, terre d’identité forgée par le feu de la lutte, est aujourd’hui réduite à un théâtre de honte. Oui, une honte implacable, amère et désolante, quand certains de ses filles et fils, aveuglés par une admiration servile, se tournent vers l’ancienne puissance coloniale pour redéfinir la loi suprême de la nation. Fanon l’avait vu, il l’avait dénoncé – cette aliénation, cette quête pathétique de reconnaissance de la part de ceux qui, pourtant, les ont longtemps méprisés, pillés, et réduits au silence.

Le voilà, le drame d’un peuple qui se voit trahi non pas par un ennemi, mais par ses propres représentants. Ceux-là mêmes qui, censés incarner les aspirations de la souveraineté, tendent la main, dociles et soumis, aux avocats d’un autre temps pour décider du destin de Djibouti. N’ont-ils rien retenu de l’histoire ? Ont-ils oublié le prix de l’indépendance, la valeur de la dignité ? Ce recours à des avocats français est bien plus qu’une simple consultation juridique ; c’est l’expression d’une allégeance silencieuse, d’un asservissement mental qui persiste bien après la décolonisation.

La Constitution, ce document précieux et sacré, est le fruit de la volonté du peuple. Elle est le pilier de la souveraineté, l’étendard de l’autodétermination et le symbole ultime de la liberté. Oser faire appel à la France, pays qui a jadis méprisé cette liberté et la tenait captive, c’est piétiner la mémoire de ceux qui ont rêvé d’un Djibouti autonome et fier. Fanon avait raison lorsqu’il dénonçait cette maladie de l’esprit, cette incapacité à se libérer des chaînes mentales de la colonisation. Car aujourd’hui encore, en 2024, certains à Djibouti semblent plus que jamais enchaînés à ce passé, prenant pour modèle le maître d’hier, aspirant à ses codes, ses lois, ses structures, au lieu de forger les leurs.

Fanon et l’Aliénation Moderne

Fanon, dans Peau noire, masques blancs , parlait de l’homme (de la femme) noir qui, pour se sentir accepté, adopté par le monde occidental, revêtait le masque de l’oppresseur. Il se revêtait de la langue, des valeurs et des mœurs du colonisateur pour espérer y gagner une part de reconnaissance, de respect, comme s’il lui fallait s’effacer pour mieux correspondre aux attentes de l’autre. En adoptant ce masque, il reniait une partie de lui-même, sacrifiant son identité profonde pour se fondre dans une image imposée, une imitation qui le réduisait à n’être qu’un reflet de l’oppresseur. 

Là où ils auraient pu se tourner vers leurs propres juristes, vers les penseurs de leur propre culture, ils ont choisi de renouer avec les chaînes mentales d’une domination passée. Car qu’est-ce que cette démarche, sinon la preuve flagrante d’un mépris profond pour leurs propres capacités, d’un complexe d’infériorité non avoué ? À travers cet acte, ils affichent, au grand jour, une allégeance qui dépasse la simple question constitutionnelle et touche au cœur même de leur identité. Le peuple djiboutien doit-il se voir amputé de sa propre capacité à s’autodéterminer, pour satisfaire l’ego d’une élite qui s’accroche encore aux habits d’apparat de l’ancien colon ?

Une Trahison Profonde : Dépossession de la Souveraineté

Par cet appel à la France, les dirigeants de Djibouti dévoilent une réalité triste et dévastatrice : l’incapacité de rompre avec les stigmates de la colonisation. Ils révèlent une crainte cachée, celle de ne pas être à la hauteur de leurs responsabilités, de leur héritage, de leur peuple. Une crainte qui les pousse à chercher des épaules étrangères pour supporter le poids de la souveraineté. Et pourtant, ce choix est aussi une insulte envers ceux qui, depuis des générations, ont lutté pour que Djibouti puisse se tenir debout, libre et fier.

Le cri de Fanon résonne encore, aujourd’hui plus fort que jamais : il nous alerte sur ces comportements qui nous font oublier l’importance de la souveraineté, de l’identité propre, de l’intégrité nationale. Car en dernier lieu, qu’est-ce qu’une Constitution rédigée sous le regard de l’ancien colonisateur, sinon un document qui porte l’empreinte de la soumission ? Comment peut-elle exprimer l’âme du peuple djiboutien si elle est pensée par ceux qui n’ont jamais compris, ni respecté cette âme ?

Un Appel à la Résistance : Djibouti, Regarde-Toi

Djibouti, terre d’ancêtres, terre de résistance, il est temps de briser ces chaînes invisibles qui te retiennent encore dans l’ombre de la colonisation. Il est temps pour toi, peuple djiboutien, de faire entendre ta voix, de rappeler aux tiens que ta Constitution ne saurait être qu’un miroir de ta propre histoire, un texte issu de ta volonté souveraine. Les erreurs du passé ne doivent plus être tolérées ; il est temps d’écarter ces héritiers de la soumission, de redonner à Djibouti la dignité qu’elle mérite, la fierté de ses propres lois, écrites par ses propres mains.

Chapitre 1 : La Constitution, Expression de l’Âme de la Nation

La Constitution : elle n’est pas un simple document juridique. Elle est le cœur, le poumon, la pensée d’un peuple. La Constitution d’une nation n’est pas une loi parmi d’autres : elle est la Loi suprême, la voix des ancêtres et des générations futures qui résonne pour orienter le destin du pays. À Djibouti, ce texte représente bien plus qu’une compilation d’articles et de décrets. Elle incarne la conquête d’une indépendance chèrement acquise, l’affirmation d’une identité unique et indomptable.

Et pourtant, voici qu’en 2024, des élites djiboutiennes, aveuglées par une fascination pour l’Occident, osent trahir cet idéal. Ces individus, censés protéger les fondements de l’État, osent frapper aux portes d’avocats français, ceux-là même issus d’un pays qui a imposé à Djibouti des décennies de soumission, pour « moderniser » cette Constitution. Quelle insulte ! Quelle trahison pour la mémoire de ceux qui ont lutté, résisté, et versé leur sang pour que Djibouti puisse se tenir debout et fière !

L’Indignité d’un Appel à l’Ancien Colonisateur

Se tourner vers la France pour modifier la Constitution de Djibouti, c’est admettre, sans un mot, que l’on considère toujours la France comme légitime tutrice de la nation. C’est faire savoir au monde que les esprits qui dirigent le pays aujourd’hui ne sont, au fond, que les héritiers d’une allégeance coloniale jamais effacée. Dans quel monde un peuple libre, un peuple souverain, confierait-il son destin à ceux qui l’ont asservi ?

Que ressentirait un patriote djiboutien en voyant cette scène honteuse où des représentants de la nation quémandent les conseils des avocats français ? Quelle honte pour ceux qui croient en la dignité de leur terre et qui, jour après jour, bâtissent Djibouti en se détournant de l’influence étrangère ! Par cet acte, ces élites ignorent sciemment les juristes, les penseurs et les intellectuels djiboutiens, capables de porter les idéaux de la nation au sein de ses propres institutions. Elles foulent aux pieds la richesse des savoirs locaux, la capacité d’autodétermination dont les Djiboutiens ont maintes fois fait preuve. Elles osent proclamer que la voix de la France est plus légitime que celle de leur propre peuple.

La Constitution : Reflet de la Volonté Populaire, Pas de l’Intervention Étrangère

La Constitution d’une nation doit être pensée, rédigée et incarnée par ceux qui connaissent les réalités du pays, qui en partagent les valeurs, les traditions et les rêves. Elle est l’ultime bastion de la souveraineté, et cet acte de soumission par lequel certains tentent de lui imposer des visions étrangères est une déclaration d’échec, un aveu de faiblesse. Une Constitution façonnée par une puissance étrangère n’est plus l’expression de la volonté du peuple ; elle devient le jouet de l’influence et des ambitions extérieures. En renonçant à la rédiger avec leurs propres experts, ces élites font de la Constitution de Djibouti un instrument d’aliénation, une trahison déguisée en modernisation.

Chaque article, chaque mot de ce texte fondamental devrait porter la marque du peuple djiboutien, sa spécificité et sa force. Mais que restera-t-il de cette empreinte si les mots sont dictés par l’ancienne puissance coloniale ? Que restera-t-il de la fierté et de l’indépendance si la main qui rédige la loi appartient à l’étranger ?

Une Faille Morale Profonde

En choisissant la facilité de l’expertise française, ces dirigeants ne révèlent pas seulement un complexe d’infériorité ; ils révèlent une faille morale. Car il ne s’agit pas de moderniser, de « perfectionner » la Constitution – il s’agit de brader l’intégrité nationale. Qu’ils ne se trompent pas : derrière cet acte se cache une vision qui trahit non seulement la Constitution, mais l’âme même de Djibouti. En se détournant des compétences locales, ils envoient un message clair à leur propre peuple : vos juristes, vos intellectuels, vos penseurs, ne sont pas assez « dignes » pour penser la loi. Voilà le message implicite, le coup de poignard, qu’ils infligent à la nation.

Dans cette quête d’un « modèle » français, on voit bien plus qu’un manque de confiance ; on voit une déchéance, une absence totale de dignité, qui refuse de croire en la valeur propre de Djibouti. Quelles perspectives pour un peuple si ceux qui se disent leaders le réduisent en permanence au rôle d’élève soumis ? Quelles perspectives pour une jeunesse que l’on convainc, jour après jour, que l’idéal doit toujours se trouver de l’autre côté de la Méditerranée ?

Djibouti, Rappelle-toi de Tes Luttes

Face à cette situation scandaleuse, rappelons-nous les luttes, les sacrifices, les âmes perdues pour que cette terre soit libérée de l’influence française. Ce combat pour la liberté et l’autonomie n’a pas été mené pour que, quelques décennies plus tard, des descendants de cette lutte remettent entre les mains des anciens colonisateurs le droit de remodeler notre Constitution.

Cette Constitution, ce n’est pas un simple texte administratif. Elle est l’expression de la mémoire des martyrs, de ceux qui ont bravé l’arrogance coloniale pour offrir à Djibouti la possibilité de se diriger elle-même. À travers chaque mot, chaque disposition, la Constitution doit être un hommage à cette mémoire. Que dira-t-on aux générations futures si l’on apprend qu’elle a été écrite sous la dictée des héritiers des oppresseurs ?

Que restera-t-il de la valeur de cette indépendance que l’on avait tant célébrée ? Si l’on accepte que la France nous dicte encore aujourd’hui notre loi fondamentale, que nous restera-t-il ? Nous ne serons plus qu’une colonie invisible, une nation sans courage, une identité qui s’éteint peu à peu, un masque sans âme, comme l’a décrit Fanon.

Chapitre 2 : Fanon et les Visages de l’Aliénation Moderne

« L’aliénation du Noir réside dans le désir de s’identifier au Blanc », écrivait Frantz Fanon. Dans les pages de Peau noire, masques blancs, Fanon dénonçait déjà cette volonté pathétique d’imiter, de se plier, d’adopter le regard du colon pour espérer y trouver la moindre validation. Cette aliénation, il la décrivait comme une maladie de l’âme, une déchirure de l’identité, un poison insidieux qui fait croire à l’homme noir que sa seule voie de salut passe par l’abandon de lui-même et l’adoption des valeurs de l’oppresseur. Et aujourd’hui, voilà que les élites djiboutiennes, au lieu de combattre cet héritage mortifère, semblent décidées à en faire une doctrine d’État.

Une Soumission Volontaire

Dans le Djibouti de 2024, ces « élites » qui, de leur propre initiative, choisissent de tendre la main à la France pour réécrire la Constitution, ne sont que la réincarnation des visages décrits par Fanon. Ces hommes et femmes, enfermés dans une quête désespérée de reconnaissance, ne trouvent de valeur que dans l’approbation occidentale. En agissant ainsi, ils affichent au grand jour un complexe d’infériorité dévorant. Ce n’est plus une soumission imposée ; c’est une soumission volontaire, une abdication totale de la souveraineté psychologique.

Fanon aurait sans doute reconnu dans ce geste une forme d’aliénation pure et simple, une négation de soi déguisée en pragmatisme. Car que peut bien signifier ce recours à des avocats français (souvent rémunérés entre 400 à 600 € de l’heure), sinon un rejet implicite de sa propre valeur ? Ces « élites », en choisissant de se tourner vers les « experts » d’un ancien colonisateur, montrent au monde entier qu’elles ne croient pas en leurs propres capacités, en leur propre intelligence, en leur propre humanité. Elles révèlent que, pour elles, Djibouti ne sera jamais assez, ne sera jamais véritablement digne de se gouverner seul. En se plaçant volontairement sous l’autorité d’une puissance étrangère, elles affichent un complexe d’infériorité profondément enraciné, préférant la tutelle invisible de l’ancien colonisateur à la fierté d’une autonomie réelle et assumée.

Le Désir d’Imitation et le Refus de l’Identité Propre

Ce désir d’imitation, cette obsession de la reconnaissance par l’Occident, n’est que la continuité de cette aliénation décrite par Fanon. Car, en réalité, cette démarche ne se limite pas à une simple consultation juridique ; elle révèle une vision du monde où la valeur et la dignité sont perçues comme un monopole de l’Occident. Elle révèle le mépris latent de certains envers leur propre culture, envers leur propre pays, un mépris qui les pousse à voir l’Occident comme la seule source de savoir, la seule source de justice, la seule s

Et c’est précisément là que réside l’erreur tragique de cette démarche : ces élites n’ont rien compris des luttes pour l’indépendance, rien compris des sacrifices faits pour échapper à la domination coloniale. Elles vivent dans un fantasme, un rêve où elles espèrent s’élever en adoptant les codes et les méthodes de ceux qui, hier encore, les méprisaient. Elles refusent de reconnaître la richesse et la profondeur de leur propre identité et se cachent derrière un masque d’admiration pour l’ancien colonisateur.

Le Masque de l’Assimilation

Fanon nous avertissait déjà de ce masque : celui que l’homme noir porte lorsqu’il tente d’effacer sa propre culture pour se glisser dans les habits de l’oppresseur. Ce masque, en 2024, est celui des élites djiboutiennes qui, à défaut de pouvoir concevoir une Constitution indépendante, appellent la France à l’aide. Leur appel aux conseillers français est une manière de se glisser dans ce costume imaginaire, de feindre une proximité avec l’Occident en sacrifiant l’essence même de leur peuple. Et derrière ce masque, il n’y a que le vide, une identité perdue, une dignité bafouée.

Ils prétendent agir pour le bien de la nation, mais en réalité, ils ne font que renforcer les chaînes invisibles de la dépendance. Car cette dépendance, Fanon l’avait bien souligné, n’est pas seulement matérielle : elle est psychologique. Elle est ancrée dans un esprit conditionné à se croire inférieur, un esprit qui cherche sans cesse l’approbation d’autrui pour se sentir exister. En appelant la France à redéfinir la loi suprême de Djibouti, ils avouent leur incapacité à voir en eux-mêmes des êtres souverains, dignes et capables.

La Dignité Trébuchée

Ce qu’ils appellent « modernisation » n’est en réalité qu’une trahison, un effondrement de la dignité nationale. En rejetant leurs propres juristes, en ignorant les voix de leurs propres citoyens, ils montrent qu’ils n’ont ni la volonté ni le courage de bâtir une nation autonome. Ils n’ont que des yeux pour l’Occident, des rêves d’imitation et un mépris profond pour tout ce qui ne porte pas l’empreinte de l’ancienne métropole. Dans cet acte, ils ne trahissent pas seulement leur propre peuple ; ils trahissent l’essence même de l’humanité libre, celle qui refuse toute forme de soumission.

Que diraient les figures de l’indépendance, celles qui ont risqué leur vie pour libérer Djibouti, si elles voyaient cette scène grotesque où les élites djiboutiennes sollicitent encore les conseillers de l’ancien colon ? Ce mépris pour soi-même, cette incapacité à envisager la souveraineté sans la présence bienveillante de la France, est la manifestation de cette aliénation que Fanon dénonçait avec tant de force.

Une Aliénation qui Brise l’Avenir

Aujourd’hui, ce geste ne concerne pas seulement ceux qui le posent. Il s’agit d’un héritage toxique, une malédiction que ces élites transmettent aux générations futures. En laissant la France influencer la Constitution, ces hommes posent un acte lourd de conséquences : ils construisent un avenir où la jeunesse djiboutienne ne verra d’autre modèle que celui de la soumission. Ils forgent un monde où le colonisateur d’hier reste le tuteur de demain. Cette Constitution, si elle est modifiée sous l’œil de la France, sera le symbole d’un échec collectif, une plaie ouverte dans l’histoire de Djibouti, un texte souillé par le mépris de soi.

Alors que Fanon appelait à une rupture totale avec les symboles du colonialisme, ces élites, elles, se jettent volontairement dans les bras de ceux qui autrefois les ont enchaînés. Elles ne veulent pas d’une Constitution libre et forte ; elles veulent un certificat de conformité délivré par la France, un sceau d’authenticité qui leur épargnera de prendre leurs responsabilités.

Chapitre 3 : Trahison et Mépris pour les Lutteurs de la Liberté

La Constitution de Djibouti, symbole de la souveraineté nationale, ne devrait pas être une proie facile pour les ambitions étrangères. Elle est la couronne des sacrifices, le fruit des luttes et des rêves de ceux qui, armés de leur seule détermination, ont affronté le colonialisme pour offrir à leurs enfants une nation libre. Aujourd’hui, ces luttes sont piétinées par une élite qui se détourne des idéaux d’indépendance pour quémander la validation de l’ancien colonisateur. C’est une insulte, une trahison, un acte de mépris envers les pères fondateurs et les martyrs de Djibouti.

Mémoire des Combattants : Une Histoire de Résistance

Pendant des décennies, le peuple djiboutien a lutté pour se libérer de la mainmise de la France. Cette lutte n’était pas seulement politique ; elle était morale, spirituelle, existentielle. Les Djiboutiens ont enduré les humiliations, les oppressions et les violences d’un système colonial qui les considérait comme inférieurs, comme des sujets sans droit ni voix. Les générations d’alors ont pris les armes, les mots, la foi, pour affirmer leur humanité, leur désir ardent de vivre sous leurs propres lois, de parler d’une seule voix, celle de la souveraineté.

Ce combat n’a pas été facile, et il n’a pas été gratuit. Des vies ont été sacrifiées, des familles ont été brisées, des voix ont été réduites au silence. Mais dans la mémoire de chaque Djiboutien, ces luttes résonnent comme un rappel constant de l’importance de l’autonomie et de la dignité nationale. La Constitution, fruit de cette indépendance, incarne l’esprit même de cette résistance. Elle est le legs des combattants de la liberté, l’expression de leur refus de se soumettre.

Une Insulte à la Mémoire des Héros de l’Indépendance

Or, voici que des décennies plus tard, des représentants de cette nation libre, oubliant l’histoire et ses héros, font appel aux services d’avocats français pour réécrire cette Constitution sacrée. Cette démarche, plus qu’un acte de faiblesse, est une insulte à ceux qui ont consacré leur vie à la liberté de Djibouti. Elle est une gifle infligée à ceux qui ont refusé de plier devant l’oppresseur, une trahison envers les martyrs qui ont donné leur sang pour que Djibouti ne soit plus jamais assujetti à la France.

Que diraient les figures de l’indépendance si elles pouvaient assister à ce spectacle dégradant ? Que penseraient-elles de ces élites qui, par leur appel servile, ravivent les ombres de l’histoire coloniale ? Ce mépris pour le sacrifice de leurs aînés est une tache indélébile sur la conscience de ceux qui, aujourd’hui, préfèrent la validation de l’ancien colonisateur à l’affirmation de leur propre peuple. Car en appelant la France à façonner leur loi, ils montrent que, dans leur esprit, la souveraineté djiboutienne n’a jamais été pleinement acquise, qu’elle est toujours, d’une manière ou d’une autre, en quête de l’approbation du maître d’hier.

L’Absence de Respect pour le Peuple et son Histoire

Loin de respecter le peuple qu’ils représentent, ces dirigeants affichent un mépris pour l’histoire nationale. Ils négligent la valeur de chaque vie sacrifiée, de chaque lutte menée pour arracher cette indépendance. En se tournant vers la France pour modifier la Constitution, ils détruisent le symbole même de la lutte pour la liberté et envoient un message de mépris à leurs propres citoyens : leur indépendance ne mérite pas d’être pleinement respectée.

Car derrière cet acte se cache une idée encore plus toxique : celle que le peuple djiboutien, malgré son histoire et ses sacrifices, ne serait pas capable de se gouverner lui-même. C’est cette même idée qui a été utilisée pour justifier la colonisation, celle que les peuples colonisés étaient incapables de penser leur propre gouvernance, de concevoir leur propre loi. Et voilà que, des décennies après la libération, cette idée refait surface sous une forme moderne, dans la bouche de ceux qui devraient être les défenseurs de la souveraineté.

Un Acte de Soumission qui Perpétue la Domination

En appelant la France à réviser leur Constitution, ces dirigeants ne font pas qu’humilier leur peuple ; ils prolongent l’ombre de la domination. Car la domination coloniale ne s’exprime pas seulement par la force armée ; elle réside dans les esprits, dans la croyance que l’on ne peut s’en sortir sans le secours du colonisateur. Cette attitude trahit une mentalité d’asservissement qui, malgré l’indépendance politique, continue d’imprégner les esprits.

Plutôt que de combattre cette aliénation, de briser les chaînes psychologiques, ces élites choisissent de la renforcer. Elles entretiennent une dépendance volontaire, une soumission déguisée, en ouvrant les portes de la nation à l’influence étrangère, non pas par contrainte, mais par choix. C’est une trahison à double niveau : trahison envers le peuple, envers les combattants de la liberté, et trahison envers les idéaux d’autodétermination qui ont fondé la nation.

Le Message Envoyé aux Futures Générations

En agissant ainsi, ces élites envoient un message de désespoir aux générations futures. Elles montrent aux jeunes de Djibouti que leur histoire de résistance, de lutte et de sacrifice n’est rien face aux codes et aux lois de l’ancienne puissance. Elles enseignent à la jeunesse que la voie de la facilité, de la soumission, est préférable à celle de la dignité et de l’indépendance. Elles les privent d’un modèle de fierté et de courage, et les poussent à voir en eux-mêmes des êtres incapables, éternellement redevables envers un Occident perçu comme le seul garant de la « modernité ».

Quelle honte pour ces élites ! Quelle honte pour un pays qui, pourtant, a su montrer au monde sa force, son endurance, son désir d’indépendance ! En 2024, Djibouti devrait être un phare de dignité, un exemple pour les autres nations. Au lieu de cela, il devient le miroir d’une aliénation qui, bien que masquée, demeure intacte. En choisissant la voie de la dépendance volontaire, ces dirigeants s’éloignent du chemin tracé par les héros de l’indépendance et souillent la mémoire de ceux qui ont lutté pour cette terre.

Chapitre 4 : Un Acte de Soumission sous Couvert de Modernité

Le mot « modernisation » est brandi comme un bouclier, un sésame qui permettrait d’ouvrir la porte du progrès. Or, en 2024, ce terme est devenu un prétexte pour imposer des valeurs et des structures étrangères sous l’apparence de l’avancée. Les élites djiboutiennes, en quête de reconnaissance, osent qualifier de « modernisation » leur appel aux conseillers français pour remanier la Constitution. Mais qu’est-ce que cette « modernisation », sinon une façade ? Une supercherie pour dissimuler l’abandon de la souveraineté au nom d’un développement factice.

La « Modernisation » comme Prétexte à la Dépendance

Pour justifier leur appel aux avocats français, les défenseurs de cette initiative parlent de modernisation, de raffinement juridique, de sophistication des institutions. Ils prétendent que l’intervention de la France pourrait insuffler un savoir-faire, des compétences, des perspectives nouvelles. Mais derrière cette façade de progrès se cache une réalité bien moins noble : l’incapacité, ou plutôt le refus, de croire en la compétence locale. En invoquant la modernisation, ces élites créent une illusion qui justifie, aux yeux de tous, leur penchant pour l’Occident, et notamment pour l’ancien colonisateur.

Fanon lui-même dénonçait déjà ce phénomène : cette obsession de l’imitation, ce complexe d’infériorité qui pousse les colonisés à voir en l’Occident la seule voie de progrès et de légitimité. Mais ce qui rend cette situation encore plus honteuse, c’est l’usage de ce mot – « modernisation » – pour dissimuler la continuité de la dépendance. En réalité, il ne s’agit pas ici d’une avancée, mais d’un recul, d’un retour à un passé que l’on pensait révolu. Ce n’est pas la modernisation qui guide leurs actions, mais la résurgence d’un esprit de soumission.

Une Hypocrisie Qui Cache un Paradoxe

Le paradoxe de cet acte est éclatant : comment peut-on prétendre moderniser une nation en se tournant vers ceux qui l’ont exploitée et opprimée ? La vraie modernité réside dans l’émancipation, dans l’affirmation de sa propre identité, de ses propres valeurs. Mais en sollicitant des avocats français pour remodeler la Constitution, ces élites montrent qu’elles n’ont pas su dépasser le stade de l’assimilation, qu’elles sont prêtes à accepter les vieux schémas coloniaux pour donner à Djibouti une apparence de progrès.

Leur logique est un mensonge, un jeu de miroirs : elles appellent « modernisation » ce qui n’est en réalité qu’une soumission renouvelée. La modernité ne consiste pas à emprunter les lois, les concepts et les méthodes de l’ancien oppresseur ; elle consiste à réinventer, à créer une voie propre, une voie qui soit l’expression de l’expérience et des aspirations du peuple. En quoi est-ce moderne de faire rédiger sa Constitution par des étrangers ? En quoi cela témoigne-t-il de l’indépendance d’esprit, de la maturité institutionnelle d’un pays ? Cet acte n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse, un message d’impuissance déguisé en progrès.

Le Refus de la Créativité Nationale

En 2024, Djibouti possède une jeunesse éduquée, une population instruite, des juristes, des penseurs, des intellectuels capables de contribuer à l’essor de la nation. Pourtant, ces élites préfèrent ignorer cette richesse humaine et se tournent vers l’extérieur. Elles refusent de croire en la créativité de leur propre peuple, en sa capacité à produire, à inventer et à penser. Elles préfèrent, encore une fois, chercher des modèles étrangers et adopter des solutions préfabriquées. En cela, elles refusent de laisser à Djibouti l’espace de se développer en puisant dans ses propres ressources.

Cet appel aux conseillers français est un acte de déni envers les compétences locales, une négation de la valeur des esprits djiboutiens. Il envoie un message alarmant aux citoyens : « Vous n’êtes pas capables de définir vos propres lois ; seuls ceux qui viennent de l’Occident le sont. » En brisant la confiance en soi, en rejetant la richesse locale, cette initiative contribue à renforcer la dévalorisation de la culture et de l’intelligence nationale. Elle nie la possibilité d’un modèle djiboutien de gouvernance, d’une originalité politique qui pourrait émerger des spécificités du pays.

La « Modernisation » au Service de la Recolonisation Mentale

Ce masque de la modernisation n’est, en fin de compte, qu’un outil pour introduire insidieusement une recolonisation mentale. En demandant à l’ancien colonisateur de modifier la Constitution, ces dirigeants nourrissent l’idée que la France est le modèle suprême, l’ultime référence pour la bonne gouvernance. Ils choisissent de perpétuer une forme d’esclavage mental où le modèle français est

C’est cette recolonisation mentale que Fanon redoutait. Car elle n’a pas besoin d’armées, de répression ou de domination économique ; elle fonctionne par la persuasion, par l’idéalisation de l’Occident et par l’auto-dévalorisation. Ces élites, en prônant cette prétendue modernisation, contribuent en fait à établir un cadre où Djibouti est toujours perçu comme une nation mineure, immature, incapable de se gouverner elle-même sans l’assistance bienveillante de la France. Ils s’enferment ainsi dans un cercle de dépendance, se condamnant à rester dans l’ombre du colonisateur sous prétexte de se développer.

La Modernité Vraie : Une Affirmation de l’Indépendance

La vraie modernité ne réside pas dans l’imitation, mais dans la capacité à s’auto-déterminer. Elle consiste à bâtir des institutions solides, inspirées des réalités et des besoins locaux, et non à se tourner vers l’ancien maître pour espérer une bénédiction. La véritable modernité pour Djibouti serait d’avoir confiance en sa jeunesse, en ses propres ressources, en sa propre créativité, pour forger un avenir unique et pleinement indépendant.

Ces élites, en refusant de reconnaître cette vérité, se condamnent à demeurer des fantômes du passé, des ombres qui cherchent à reproduire des structures étrangères, sans jamais oser croire en leur propre potentiel. En agissant ainsi, elles tournent le dos à la vraie modernité, celle qui aurait permis à Djibouti de devenir un modèle de souveraineté en Afrique, une nation qui puise dans sa culture et dans ses forces pour grandir et évoluer.

Conclusion : Un Choix de Soumission Déguisé en Modernité

Le recours à des avocats français pour réviser la Constitution de Djibouti n’est pas une modernisation ; c’est une régression, un acte de soumission déguisé. Ce choix, plus qu’un simple aveu d’impuissance, est une abdication de l’indépendance. Les élites qui l’ont promu ont sciemment rejeté l’idée d’une nation autonome, d’une identité forte, et ont préféré se réfugier dans les bras de ceux qui, jadis, leur ont refusé cette liberté.

Fanon aurait dénoncé cette supercherie pour ce qu’elle est : un masque, un simulacre de progrès qui cache un désir de soumission et de dépendance. Car en se tournant vers la France pour façonner leur Constitution, ces élites révèlent leur incapacité à briser les chaînes mentales du colonialisme. Elles se condamnent à rester les otages d’une aliénation profonde, prisonnières d’une quête de validation occidentale qui les pousse à nier leur propre peuple.

Chapitre 5 : La France et son Omniprésence Fantomatique à Djibouti

L’indépendance, gagnée de haute lutte, devait libérer Djibouti de l’emprise coloniale. Pourtant, aujourd’hui, des décennies après l’indépendance, l’ombre de la France plane encore, invisible mais omniprésente, sur les affaires de la nation. Ce sont des traces que l’on retrouve dans l’économie, dans les institutions, dans la culture, et même dans les esprits. En 2024, la demande de conseillers français pour réviser la Constitution de Djibouti n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de cette omniprésence fantomatique qui ne cesse de hanter la souveraineté djiboutienne.

La Présence Française : Une Main Invisible mais Persistante

La France a beau ne plus être colonisatrice au sens strict, elle conserve des leviers d’influence à Djibouti. Sa présence militaire, avec la base qu’elle maintient dans le pays, est une illustration de cette emprise. Certes, cette base est censée assurer une coopération et une sécurité mutuelle, mais elle est aussi un rappel visible de la relation hiérarchique imposée par le passé. La France, en maintenant des installations militaires à Djibouti, impose une présence matérielle qui garde le pays sous l’influence directe de l’ancienne puissance coloniale.

Au-delà de la présence militaire, cette influence est subtilement tissée dans le tissu économique. Les entreprises françaises dominent plusieurs secteurs stratégiques de l’économie djiboutienne, des télécommunications aux infrastructures. Ainsi, Djibouti, bien que politiquement indépendant, reste tributaire de la France pour des aspects essentiels de son développement. En sollicitant aujourd’hui des avocats français pour rédiger sa loi fondamentale, les élites djiboutiennes ajoutent une nouvelle couche de dépendance. Elles participent, sciemment ou non, à la perpétuation d’une relation asymétrique qui bloque toute réelle autonomie.

L’Influence Culturelle et Éducative : Une Souveraineté Psychologique Érodée

La présence française à Djibouti n’est pas uniquement économique ou militaire ; elle est aussi culturelle. La langue française, imposée durant la période coloniale, reste l’une des langues officielles et domine dans les cercles de pouvoir et dans l’éducation. Ce n’est pas la langue elle-même qui est problématique, mais plutôt l’esprit qu’elle véhicule. Les systèmes éducatifs et les institutions culturelles inculquent des valeurs, des références et des modèles essentiellement occidentaux. En conséquence, beaucoup de Djiboutiens sont inconsciemment conditionnés à considérer la France comme un modèle, comme une source d’autorité et de connaissance suprême.

Ainsi, les élites djiboutiennes, éduquées dans ce moule, se tournent tout naturellement vers la France pour des questions aussi sensibles que la Constitution. Elles n’imaginent même pas que des solutions peuvent être trouvées localement ou par des partenariats avec d’autres nations africaines. Cette tendance à considérer l’Occident, et en particulier la France, comme un phare de la modernité et de la légitimité résulte d’un conditionnement culturel qui n’a jamais été rompu.

La Sollicitation d’Avocats Français : Une Poursuite de l’Emprise Coloniale

En sollicitant l’aide d’avocats français pour redéfinir la Constitution, les dirigeants djiboutiens ne font pas qu’accepter une influence étrangère ; ils la renforcent, la perpétuent. Ce geste n’est pas anodin : il valide la présence de la France comme acteur décisionnel dans les affaires internes de Djibouti. Par ce geste, les élites djiboutiennes envoient un message clair : elles acceptent et cautionnent l’idée que Djibouti ne peut pleinement exercer sa souveraineté sans l’appui de l’ancienne puissance coloniale.

Cela va au-delà d’une simple consultation juridique ; c’est un acte de soumission volontaire. Les élites djiboutiennes, loin de se libérer des structures coloniales, les intègrent dans leur propre gouvernance. Ce faisant, elles prolongent la logique coloniale d’assujettissement, transformant l’indépendance en une mascarade et transformant Djibouti en une pseudo-colonie, où l’ancien colonisateur reste l’autorité suprême en matière de droit et de gouvernance.

La France et la Dépendance Politique : Une Influence Renforcée

La France, à travers ses relations bilatérales et ses accords militaires et économiques, maintient également une influence politique directe à Djibouti. Elle intervient dans les affaires politiques locales en tant que « conseiller bienveillant », renforçant ainsi sa mainmise sur la vie publique du pays. En appelant la France pour redéfinir la Constitution, les dirigeants djiboutiens confortent cette influence et lui donnent une dimension institutionnelle. Ils permettent à la France d’intervenir directement dans la structure politique de Djibouti, rendant toute velléité de souveraineté politique totalement illusoire.

En réalité, cette dépendance politique ne fait que renforcer l’autorité française sur Djibouti. Car une Constitution n’est pas un simple texte juridique : elle est la base même du système politique d’un pays. En laissant la France la réviser, Djibouti abandonne un pan entier de son autonomie politique et accepte de devenir un satellite politique de l’ancienne puissance coloniale. Cette dépendance institutionnelle est le prolongement moderne de l’asservissement colonial, déguisé sous les habits

L’Illusion de l’Amitié et le Piège de la Coopération

Pour justifier cette dépendance, certains prônent l’idée d’une amitié franco-djiboutienne, un partenariat privilégié entre les deux nations. Mais cette « amitié » est un leurre, un masque qui dissimule une relation de pouvoir profondément inégale. La France, en intervenant dans des questions aussi cruciales que la rédaction de la Constitution, ne fait pas preuve de bienveillance ; elle étend son influence et assoit son autorité sur Djibouti.

Cette amitié imposée sert à maintenir Djibouti dans une relation de subordination sous couvert de coopération. Elle entretient l’idée que la France serait indispensable à Djibouti pour son développement et sa stabilité. Mais cette coopération asymétrique empêche Djibouti de bâtir des alliances avec d’autres pays africains ou de renforcer ses propres institutions. En laissant la France intervenir dans leur Constitution, les élites djiboutiennes enferment Djibouti dans ce piège de dépendance, où l’amitié devient une justification pour la soumission.

Conclusion : Briser le Fantôme Colonial

Cette omniprésence fantomatique de la France, entretenue par les élites djiboutiennes, est une entrave à la vraie indépendance de Djibouti. En appelant la France pour réviser leur Constitution, elles prolongent cette emprise coloniale, renonçant à leur souveraineté pour se conformer aux modèles français. Elles choisissent la soumission sous couvert de modernité, et valident l’idée que Djibouti ne peut se gouverner seul.

Mais Djibouti n’a pas besoin de cette mainmise française pour se développer ; il a besoin d’une rupture radicale avec les structures coloniales et d’une confiance en ses propres capacités. Briser le fantôme colonial exige que les élites djiboutiennes cessent de tourner vers l’Occident pour définir leur avenir. L’indépendance n’est pas seulement politique : elle est aussi mentale, culturelle et institutionnelle. Tant que Djibouti cherchera la bénédiction de la France, elle restera enfermée dans l’ombre coloniale,

Chapitre 6 : Fanon, l’Honneur Perdu et l’Humiliation Volontaire

Fanon, dans Peau noire, masques blancs, dépeint le drame de l’homme colonisé, qui, par un mécanisme psychologique profondément ancré, cherche l’approbation de celui qui l’a autrefois dominé. Ce processus, qu’il décrit comme une aliénation de l’esprit et de l’âme, conduit le colonisé à se renier, à enfiler le masque de l’oppresseur pour espérer y gagner un fragment d’estime. Aujourd’hui, cet appel aux avocats français pour réécrire la Constitution de Djibouti est la manifestation la plus récente et la plus éclatante de cette aliénation. Il n’est rien de moins qu’un acte d’humiliation volontaire, un renoncement à l’honneur national.

Le Masque de l’Occidentalisation : Une Requête pour Être «Validé »

Les élites djiboutiennes qui choisissent de solliciter des avocats français pour modifier leur Constitution se drapent dans un masque d’occidentalisation. Elles espèrent, en demandant ce « service » à la France, obtenir une validation, un certificat implicite de modernité, comme si la France était seule détentrice des standards de gouvernance et de droit. Cette quête de reconnaissance par l’ancien colonisateur n’est rien de moins qu’une acceptation de la soumission, un masque porté non par contrainte, mais par choix.

Ce geste ne reflète pas seulement un manque de confiance en soi, mais une humiliation assumée. C’est l’aveu qu’elles estiment leur propre identité, leur propre culture et leurs propres lois insuffisantes, incomplètes. En appelant la France, elles crient au monde entier leur incapacité supposée, leur mépris pour leur propre pays. Elles montrent que, malgré l’indépendance, elles restent enchaînées par le besoin de plaire à l’Occident, un Occident qui a pourtant, pendant des siècles, nié leur humanité et leur liberté.

Une Aliénation Totale : Le Sacrifice de la Dignité Nationale

Fanon décrivait avec précision cette aliénation profonde, qui conduit l’élite colonisée à sacrifier sa propre dignité pour un fragment de reconnaissance. En 2024, cet acte de soumission volontaire devient un miroir de cette aliénation, une trahison de l’esprit indépendant. Car que signifie appeler la France pour modifier la Constitution, sinon proclamer que la nation djiboutienne ne serait pas digne de se diriger seule ? Que ses juristes, ses penseurs, son peuple tout entier ne seraient pas « assez » pour définir leurs propres lois ?

En réalité, cet acte est bien plus qu’une simple consultation juridique. Il s’agit d’un sacrifice symbolique de la dignité nationale, un renoncement à l’honneur de gouverner, un message clair envoyé au peuple : « Nous, dirigeants, ne croyons pas en notre propre valeur. » Ce comportement témoigne d’une perte totale de dignité, d’un aveuglement volontaire qui pousse ces élites à troquer leur honneur pour un faux semblant de modernité. Elles n’en voient pas la tragédie, persuadées que cet acte les rapprochera de l’Occident qu’elles admirent.

L’Humiliation Volontaire : Une Souveraineté Délibérément Sacrifiée

Ce choix de solliciter des avocats français n’est pas un acte anodin ; c’est une humiliation volontaire, assumée, un abandon calculé de la souveraineté. Ces élites auraient pu se tourner vers des experts africains, des juristes nationaux ou même des académiciens djiboutiens. Mais elles ont choisi l’option la plus dégradante pour la nation : se placer sous le regard de l’ancien colonisateur, comme si la légitimité de Djibouti ne pouvait être validée que par ceux qui jadis en avaient nié l’indépendance. En faisant ce choix, elles affichent au monde une profonde méfiance envers leur propre peuple, une dévalorisation de l’intelligence et des compétences locales, et confirment, de façon accablante, qu’elles préfèrent la soumission à la dignité.

Car derrière cette démarche se cache une mentalité de colonisé, un esprit soumis qui n’a jamais osé revendiquer son indépendance réelle. En agissant ainsi, elles sacrifient délibérément la souveraineté du pays, acceptant sans honte que Djibouti soit vu comme incapable de prendre en charge ses propres affaires. Leur humilité feinte devant les représentants de la France est un aveu public de dépendance, une preuve que dans leur esprit, l’indépendance politique n’a jamais été pleinement acceptée. Elles perpétuent ainsi l’image d’une nation faible, incapable, réduite à solliciter les avis de l’ancien maître.

Une Aliénation Sans Retour :

Fanon avait décrit l’aliénation du colonisé comme une rupture avec soi-même, une fracture de l’image de soi. Cette humiliation volontaire, cette demande de révision constitutionnelle, est un exemple frappant de cette rupture. En acceptant d’abandonner leur propre dignité, ces élites détruisent l’image de Djibouti en tant que nation souveraine. Elles envoient un message aux jeunes générations : celui de la soumission comme norme, celui de l’infériorité n

Cette auto-humiliation a des répercussions profondes et durables. Elle enseigne au peuple djiboutien que la France est et restera toujours le modèle à suivre, l’autorité ultime à respecter, même des décennies après l’indépendance. Cette démarche efface tous les acquis de l’indépendance et ramène Djibouti à une position de subordination volontaire. En cela, l’acte dépasse la simple question de la Constitution ; il devient une déclaration de faiblesse, un reniement de soi qui entraîne le pays tout entier dans une aliénation sans retour.

Un Désir de Reconnaissance qui N’En Finira Jamais

Pour Fanon, cette quête de reconnaissance par l’Occident était une impasse, un piège dont il était difficile de s’échapper. Car cette quête ne connaît jamais de fin : le colonisé cherche sans cesse à prouver sa valeur, à gagner l’approbation de l’ancien maître, sans jamais y parvenir pleinement. Chaque geste, chaque action, devient une tentative désespérée d’attirer le regard bienveillant de l’Occident, de prouver que l’on est « civilisé », « moderne », digne d’être respecté.

Ces élites djiboutiennes, en appelant la France pour réviser leur Constitution, tombent dans ce piège. Elles n’obtiendront jamais de reconnaissance complète, car cette quête même est une forme d’humiliation. En cherchant la validation de la France, elles montrent leur propre insécurité, leur manque de foi en leur peuple. Et l’Occident, bien conscient de cette fragilité, ne leur offrira jamais qu’une reconnaissance partielle, conditionnée à l’abandon de leur propre dignité.

Fanon avait mis en garde contre cette aliénation qui pousse le colonisé à sacrifier son honneur et sa dignité pour une approbation illusoire. Ce que ces élites djiboutiennes ignorent, c’est que l’indépendance ne peut être véritable que si elle est également psychologique, culturelle, et spirituelle. En agissant ainsi, elles trahissent non seulement leur propre peuple, mais également l’idée même de liberté pour laquelle tant de leurs ancêtres se sont battus.

Leur appel aux conseillers français est un retour au masque de l’oppression, une humiliation volontaire qui détruit l’honneur de Djibouti. Ce masque qu’elles portent n’est rien d’autre qu’un outil de soumission, un retour à une aliénation profonde et toxique qui empêche le pays de s’affirmer pleinement. Pour Fanon, la liberté véritable réside dans la dignité, dans l’acceptation de soi, dans la rupture avec les chaînes invisibles de la colonisation. Djibouti, pour être réellement libre, doit rejeter ce masque, refuser cette humiliation et affirmer, sans complexe, sa souveraineté.

Chapitre 7 : Répercussions sur la Jeunesse et l’Avenir de Djibouti

L’appel à la France pour modifier la Constitution de Djibouti ne se limite pas à une question de gouvernance ou de légitimité juridique. Cet acte marque l’esprit d’une nation, et surtout celui de sa jeunesse. Il transmet un message sournois, mais pernicieux : celui de l’infériorité nationale, de l’incapacité à se prendre en main, et de la nécessité d’une tutelle étrangère. Les jeunes, qui sont l’avenir du pays, voient leurs espoirs et leurs ambitions piétinés par cette soumission publique.

Un Modèle de Soumission pour la Jeunesse

La jeunesse d’un pays est sa force vive, le moteur de son progrès, et surtout l’incarnation de ses idéaux de liberté, d’indépendance et de dignité. Pourtant, en agissant comme ils le font, les dirigeants djiboutiens trahissent les aspirations de cette jeunesse, leur offrant pour unique modèle une vision de la soumission. En appelant la France pour décider de leur Constitution, ils nient à la jeunesse djiboutienne la possibilité de croire en leur propre puissance et en leur propre potentiel.

Que peut penser un jeune Djiboutien, témoin de cette scène honteuse ? Comment pourrait-il s’imaginer comme acteur de changement et bâtisseur de son pays, alors que ceux censés représenter cette même souveraineté préfèrent se tourner vers l’ancien colonisateur ? En perpétuant cette dépendance, ces dirigeants enseignent aux jeunes que Djibouti ne peut s’épanouir que sous la direction de l’Occident. Ils leur apprennent, de manière indirecte mais efficace, que la voie de la réussite passe par le renoncement à soi-même.

L’Impact Psychologique : L’Intériorisation de l’Infériorité

Cet acte d’humiliation publique a des répercussions profondes sur l’estime de soi des jeunes Djiboutiens. Ils grandissent dans une société où les élites elles-mêmes valident une forme de soumission, où les décisions cruciales sont confiées à des conseillers étrangers. Ce processus contribue à intérioriser un sentiment d’infériorité, une croyance implicite selon laquelle la grandeur et la réussite ne peuvent venir que de l’extérieur. Les jeunes, témoins de cette allégeance déguisée en modernisation, risquent de se voir comme éternellement incapables de construire leur avenir sans l’approbation ou la supervision d’une puissance étrangère.

Cette intériorisation de l’infériorité est un poison lent, un frein invisible mais puissant. Elle empêche la jeunesse de rêver d’un Djibouti autonome et prospère, car elle lui inculque, dès le plus jeune âge, la certitude que tout ce qui est noble et moderne doit nécessairement venir de l’Occident. Ces jeunes, ainsi conditionnés, pourraient se détourner de leurs propres valeurs, mépriser leur culture, et chercher désespérément à imiter des modèles étrangers. En les privant d’une vision de la souveraineté et de la dignité, ces dirigeants anéantissent tout espoir d’une jeunesse confiante en ses propres moyens.

Une Aliénation Culturelle qui Menace les Racines

Cette démarche risque également d’éroder les fondements culturels de la jeunesse djiboutienne. En voyant leur pays quémander l’expertise de l’ancienne puissance coloniale, les jeunes peuvent en venir à associer leur propre culture et leurs propres valeurs à quelque chose de secondaire, de moins valable. Ils risquent de se tourner vers la France, non seulement pour les aspects juridiques et politiques, mais aussi comme modèle culturel suprême, renonçant peu à peu à leurs propres traditions et à leur propre identité.

L’aliénation culturelle est un phénomène insidieux, qui s’insinue progressivement dans les esprits. Elle pousse les jeunes à rejeter ce qui leur est propre, à voir leur culture comme une relique, à la considérer comme inférieure aux standards occidentaux. En appelant la France pour remodeler leur Constitution, les élites djiboutiennes envoient un message tacite, mais destructeur : elles valident l’idée que le modèle djiboutien, africain, ne peut être un modèle viable. Cette destruction des racines culturelles est une menace directe pour l’avenir du pays, car elle éloigne les jeunes de leur propre identité, les plongeant dans une quête futile d’acceptation étrangère.

La Perte d’un Modèle de Fierté et de Dignité

Un peuple sans modèle de fierté, sans figures inspirantes, se voit privé d’une partie essentielle de sa force. En sollicitant des conseillers français pour des décisions fondamentales, les élites djiboutiennes montrent aux jeunes que la fierté et la dignité ne sont pas des valeurs essentielles. Elles leur offrent un modèle de soumission, une leçon d’auto-dévalorisation déguisée en pragmatisme. Comment les jeunes pourraient-ils être fiers de leur pays, de leurs origines, de leurs institutions, si ceux qui sont en charge de les guider renoncent eux-mêmes à toute forme de souveraineté ?

En agissant ainsi, ces dirigeants privent la jeunesse d’un modèle de force et de résistance. Ils trahissent les idéaux d’autodétermination et de dignité que leurs ancêtres ont défendus avec tant de ferveur. Les jeunes, au lieu de grandir avec l’image de figures courageuses et indépendantes, voient leur nation réduite à une position d’infériorité acceptée. Ils apprennent, en silence, que le respect et la dignité peuvent être sacrifiés si cela permet d’obtenir un semblant de reconnaissance extérieure.

Un Avenir Hypothéqué : Vers la Perpétuation de la Soumission

Cet acte ne concerne pas seulement le présent ; il hypothèque l’avenir. En enseignant aux jeunes que la dépendance est un mode de fonctionnement légitime, les élites djiboutiennes risquent de créer une génération perpétuellement asservie, qui considérera la France, et plus généralement l’Occident, comme une autorité légitime et nécessaire. Cette génération, dépourvue de repères de dignité et de souveraineté, pourrait bien perpétuer cette soumission, renouvelant sans fin les chaînes mentales du colonialisme.

Un peuple qui ne se voit pas comme capable de décider pour lui-même devient une proie facile pour toutes les influences extérieures. Cette mentalité de dépendance, une fois installée, engendre des générations qui ne remettront pas en question l’autorité étrangère, qui accepteront, sans un mot, la domination des autres. En privant les jeunes Djiboutiens d’une vision de la souveraineté et de l’autonomie, ces dirigeants préparent un avenir où Djibouti, bien que politiquement indépendant, restera enchaîné par les liens invisibles de la dépendance mentale.

Redonner à la Jeunesse l’Espoir de la Souveraineté

L’avenir de Djibouti ne peut se construire sur la soumission et l’aliénation. Pour offrir à la jeunesse un espoir véritable, il est urgent de rompre avec cette dépendance insidieuse, de redonner aux jeunes Djiboutiens des raisons de croire en leur propre pays, en leurs propres capacités. La Constitution, symbole de la souveraineté, ne doit pas être l’expression de la dépendance, mais celle de la dignité et de l’autonomie.

Les jeunes de Djibouti méritent de grandir avec des modèles d’indépendance, de force et de confiance. Ils méritent de voir leur pays s’affirmer, de savoir que leur nation est capable de se gouverner sans l’intervention de l’Occident. L’avenir de Djibouti réside dans la libération des chaînes mentales et dans la réaffirmation de sa dignité. Car c’est en transmettant aux jeunes une vision de fierté et de souveraineté que Djibouti pourra réellement avancer, libre et fort, vers un avenir indépendant.

Chapitre 8 : Un Appel à la Rupture et à l’Indépendance Véritable

Les actes parlent plus fort que les discours, et l’acte de solliciter la France pour modifier la Constitution de Djibouti est une déclaration de soumission déguisée en pragmatisme. Mais ce pragmatisme n’est que le masque d’une aliénation profonde qui empêche la nation de se libérer totalement de l’emprise coloniale. En 2024, il est temps de tourner définitivement la page de la dépendance et d’embrasser une indépendance véritable. Ce chapitre est un appel à cette rupture, à un réveil de l’esprit national, à une réaffirmation de la dignité et de la souveraineté djiboutiennes.

La Nécessité de Briser les Chaînes Mentales

La première étape vers une indépendance réelle est de libérer l’esprit des chaînes invisibles du colonialisme. Frantz Fanon nous a appris que la véritable liberté commence dans les esprits. Tant que Djibouti continuera de voir en la France une source indispensable de savoir et de validation, tant que ses dirigeants continueront de se tourner vers l’ancien colonisateur pour des questions de souveraineté, la liberté de la nation restera incomplète.

Briser ces chaînes mentales signifie reconnaître la valeur des ressources humaines, intellectuelles et culturelles djiboutiennes. Cela implique de faire confiance aux compétences locales et de valoriser l’expertise nationale plutôt que de se tourner, par réflexe, vers l’Occident. Il est temps pour Djibouti de réaliser que sa richesse et sa grandeur résident dans son peuple, dans ses penseurs, dans sa jeunesse, et non dans l’approbation de l’ancien maître.

Un Appel à Bâtir une Souveraineté Authentique

La Constitution est plus qu’un texte juridique ; elle est l’expression de l’âme d’une nation. Si cette âme est façonnée par des mains étrangères, elle devient une caricature, une pâle imitation de la souveraineté. Pour que Djibouti puisse bâtir une nation forte et indépendante, il est essentiel que sa Constitution soit le fruit d’un travail local, l’œuvre de ceux qui partagent les valeurs, les traditions et les aspirations du peuple.

Construire une souveraineté authentique exige de redéfinir les priorités et de privilégier des alliances qui respectent l’identité et la dignité de Djibouti. Au lieu de renforcer les liens de dépendance, Djibouti doit chercher des partenariats basés sur l’égalité et le respect mutuel, notamment avec d’autres nations africaines qui partagent des expériences et des défis similaires. Une souveraineté véritable implique de rompre avec les anciens schémas de soumission et d’établir des relations nouvelles, qui ne soient pas teintées par les relents de l’histoire coloniale.

Une Vision pour la Jeunesse : Fierté et Indépendance

La jeunesse est la clé de l’avenir, et il est urgent de lui transmettre un modèle de fierté et d’indépendance. Si Djibouti veut vraiment avancer, il doit offrir à sa jeunesse une vision claire et forte d’une nation qui se tient debout, qui se gouverne elle-même et qui respecte ses propres valeurs. Cette génération doit apprendre à voir la France, et l’Occident en général, non pas comme un guide indispensable, mais comme un partenaire parmi d’autres, un acteur respecté mais sans autorité sur leur destinée.

L’avenir de Djibouti repose sur une jeunesse qui croit en son pays, en son potentiel et en sa capacité de créer des solutions adaptées à ses besoins. Cette jeunesse ne doit plus grandir avec le poids de l’infériorité ou avec l’idée que la modernité et la réussite sont le monopole de l’Occident. Elle doit se voir comme héritière d’un pays libre, capable de tracer sa propre voie, de bâtir ses propres institutions, et de relever ses propres défis sans aide paternaliste.

Une Réforme Institutionnelle : Des Lois Pour et Par Djibouti

Pour asseoir cette rupture, Djibouti doit entreprendre une réforme institutionnelle qui mette en avant l’expertise locale, valorise les talents nationaux et assure que les décisions concernant le pays soient prises par des Djiboutiens. La Constitution doit être l’expression pure de cette souveraineté retrouvée. Elle doit être élaborée par des juristes, des universitaires, des citoyens et des représentants qui connaissent les réalités, les valeurs et les aspirations de Djibouti.

Cette réforme doit viser l’autonomisation des institutions locales, renforcer la confiance en soi des dirigeants, et garantir que l’ingérence étrangère dans les affaires nationales soit réduite à son strict minimum. Une nation ne peut se dire souveraine si ses lois, ses institutions et ses décisions demeurent influencées par des forces extérieures. En réformant ses structures de gouvernance pour qu’elles soient totalement indépendantes de toute influence étrangère, Djibouti fera un pas décisif vers une véritable autonomie.

Un Engagement pour l’Identité et la Culture

La culture djiboutienne est une richesse inestimable, et elle doit être protégée des influences qui menacent de l’effacer ou de la réduire. En tournant le dos à l’ancien colonisateur pour construire une identité pleinement autonome, Djibouti enverra un signal fort au monde entier : celui d’une nation qui n’a plus besoin de modèles extérieurs pour s’affirmer. Cet engagement pour l’identité nationale doit être au cœur de chaque décision politique, économique et culturelle.

Les dirigeants djiboutiens ont une responsabilité immense envers leur peuple et envers l’histoire. Ils doivent prendre conscience que la modernité ne se mesure pas à la proximité avec les modèles occidentaux, mais à la capacité d’affirmer une identité unique, de préserver des valeurs propres et de promouvoir un modèle de développement autonome. La culture djiboutienne ne doit pas être sacrifiée pour des standards étrangers ; elle doit être la fondation sur laquelle repose l’avenir de la nation.

Conclusion : Un Appel à l’Éveil National

Djibouti ne peut se contenter d’une indépendance de façade, où les symboles de la liberté sont masqués par les chaînes invisibles de la dépendance. L’appel aux avocats français pour réviser la Constitution est un échec de plus dans le parcours de cette indépendance inachevée. Mais cet échec peut devenir le catalyseur d’un réveil, d’une prise de conscience collective.

Djibouti doit reprendre son destin en main, réaffirmer sa dignité et cesser de tendre la main à ceux qui l’ont autrefois dominé. Pour l’avenir de ses enfants, pour l’honneur de ses ancêtres, pour la fierté de son peuple, il est temps de rompre avec le passé colonial et d’avancer vers une indépendance véritable. La France, et tout autre puissance étrangère, ne doivent plus avoir voix au chapitre dans les décisions qui forgent l’âme de cette nation.

Car au bout du compte, l’histoire ne retient que les peuples qui savent défendre leur dignité, ceux qui osent refuser la soumission et la compromission, ceux qui marchent fièrement et librement. Djibouti, en choisissant la voie de la rupture, peut devenir une source d’inspiration pour d’autres nations, un symbole de résilience et de souveraineté retrouvée. Que cette Constitution, rédigée par et pour le peuple djiboutien, devienne l’emblème d’un avenir de liberté et de dignité.

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Alpha Lassini

Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence porte du fruit. (Rise, Act and Disappear so that the seed bears fruit)