Camp Mariama, les cancrelats et la philanthropie du crime : chronique d’un État qui recycle mal la dignité


Dans un coin poussiéreux de la République de Djibouti, autour de Camp Mariama, appartenant aux Forces Armées Djiboutiennes (FAD) on raconte — selon une édition récente de “Radio Boukao” — qu’ auraient refusé aux riverains pastoraux de récupérer le tout‑venant, des rebuts des travaux de réfection par l’US Africa Command (CJTF-HOA) du camp militaire du Camp MARIAMA , par les cancrelats étoilés et leur philanthropie du crime : chronique au vitriol d’un État qui recycle mal la dignité , qui, ailleurs, finissent dans des bennes ou — luxe ultime — dans des circuits de recyclage. Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, des cartels de narcotrafic s’inventent une vocation de travailleurs sociaux improvisés : distribution de colis alimentaires, un peu de cash ici, une route réparée là — autant d’efforts de « séduction civique » qui donnent le tournis à qui n’a plus grand‑chose à perdre. Ne nous y trompons pas : il ne s’agit ni d’égaliser des objectifs, ni de confondre des natures, ni de blanchir des crimes. La comparaison n’a qu’un but : interroger, avec un humour féroce et une ironie assumée, la logique d’acteurs armés placés face à des populations qui manquent de tout — y compris, parfois, de la simple possibilité de ramasser des chutes de béton.


I. Les 9 % qui collent aux rangers (ou l’arithmétique de la crédibilité)

Les FAD — Forces armées djiboutiennes — traînent une réputation budgétaire opulente dans l’imaginaire public : « 9 % du PIB ». Le chiffre claque comme un ordre de défilé. Problème : dans les bases de données internationales accessibles, les séries publiques sur Djibouti s’arrêtent pour l’essentiel à la fin des années 2000, et oscillent alors plutôt entre ~2,6 % et ~7,6 % du PIB selon les années et les sources (avec un trou noir statistique ensuite). En clair : ce qu’on peut affirmer proprement, c’est l’incertitude — pas la fanfare. Les chiffres disponibles, bien que datés, ne valident pas l’assertion péremptoire des 9 % ; et si pareille part existait aujourd’hui, elle gagnerait à être prouvée par des documents officiels récents et auditables. (TheGlobalEconomy.com)

Quoi qu’il en soit, n’ergotons pas : même sans 9 %, le symbole demeure. À l’heure où l’État peine à assurer, partout et pour tous, l’eau, l’emploi, la santé et l’horizon, la seule idée d’un appareil armé abondamment doté (comparativement aux autres postes) mais soupçonné de chipoter des rebuts — si l’allégation est exacte — tient du gag noir. La Nation paie pour la sécurité ; elle n’imaginait pas qu’on lui facturerait aussi la récupération des gravats.

II. Camp Mariama : le théâtre d’opérations de la petite mesquinerie

Camp Mariama n’est pas un décor inventé par des satiristes. C’est un site bien réel, promis il y a peu à devenir un centre de coopération avec des forces occidentales, preuve que son nom dépasse largement le cercle des initiés. (Africa Intelligence)

Et selon l’édition du 17 septembre 2025 de Radio Boukao (média communautaire connu des Djiboutiens), les riverains se seraient vu refuser l’accès au « tout‑venant » provenant des travaux de réfection du camp — ces chutes de métal, ces planches, ces bouts de ferraille qui, dans une économie populaire inventive, deviennent abris, étals, bancs d’école improvisés, ou machines à réparer. C’est une allégation non vérifiée de manière indépendante à l’heure où l’on écrit ; elle relève d’un reportage local, et mérite donc la prudence du conditionnel. Mais si elle dit vrai, elle ressemble à ces micro‑humiliations qui pèsent plus lourd qu’un budget entier. (YouTube)

Car ne l’oublions pas : pour qui vit au seuil de la privation, le déchet n’est pas un déchet. C’est une ressource. Fermer la main sur les rebuts, c’est fermer la main sur un peu de souffle. On dira : sécurité, réglementation, responsabilité. Très bien. Alors qu’on organise : appel à des coopératives de quartier pour trier, sécuriser et redistribuer ; petites enchères locales ; bons de matériaux pour auto‑réparation des maisons ; laboratoires de réemploi. On peut tout faire — sauf feindre d’ignorer que, dans ces quartiers, le recyclage est une politique sociale, pas un hobby.

III. Les cartels, ces saints très laïques (mais pas du tout innocents)

Pendant que certains gardent le verrou sur une benne, d’autres — armés eux aussi, et autrement plus cyniques — distribuent. Non par bonté d’âme, mais par stratégie. Le phénomène est documenté : au Mexique, au plus fort de la pandémie, des groupes criminels ont remis des colis de vivres estampillés à leur effigie ; au point que le président a dû rappeler publiquement que ce « marketing humanitaire » n’efface pas les crimes. Autrement dit : on fait de la charité sous logo, et l’État, déphasé, en est réduit à dire « cesser vos bonnes œuvres, commencez par cesser vos crimes ». Voilà où nous en sommes. (Reuters)

Le monde académique a mis des mots là‑dessus : gouvernance criminelle, quasi‑politiques publiques par des acteurs illégaux, offre de biens collectifs pour acheter la paix sociale, neutraliser la police par la popularité, et inscrire son règne dans la routine. Des travaux récents montrent comment ces groupes fournissent parfois police privée, arbitrage des conflits, et quelques services, précisément là où l’État est faible, distant, ou indifférent. Ce n’est ni nouveau, ni exotique ; c’est la rançon de l’absence. (SpringerLink)

Évidemment : aucune « bienfaisance » criminelle n’efface une décapitation, un enlèvement, une overdose ou une taxe mafieuse. Le but n’est pas d’édulcorer ; c’est de poser la seule question qui vaille quand on a faim : qui vient, et quand ? Dans la chronologie de la détresse, le punisseur n’arrive jamais à l’heure de la soupe.

IV. Deux logiques, un même terrain : les cœurs et les esprits… et les rebuts

Nous ne comparerons ni les finalités ni les morales ‘(même si par les temps qui courent, on peut observer une similitude dans les actions de corruption, de corrompues, de corronpants, de corrupteurs) ; mais on peut comparer, in vivo, les effets pour ceux qui vivent au pied des barbelés. D’un côté, un camp militaire national, symbolique, entouré de hameaux de population pastorale pauvres, qui, s’il est bien géré, devrait rayonner de quelques bénéfices tangibles vers ses voisins : marchés locaux pour les petites fournitures, micro‑contrats, eau partagée, recyclage intelligent, journées de service communautaire. De l’autre, des cartels qui, pour survivre, doivent neutraliser l’hostilité des populations ; leur investissement social est un pare‑balles de réputation.

Or, la rumeur de Camp Mariama, si elle s’avère, raconte l’inverse : on perd des cœurs pour des boulons. On échange de la légitimité contre de la ferraille. On rogne du capital symbolique pour économiser trois planches et un treillis rouillé. Dans cette dramaturgie minuscule, les FAD — qui ont par ailleurs des coopérations internationales, des formations, et une visibilité qui pourrait se convertir en prestige civique — ratent l’évidence : dans les économies de survie, le don le plus humble vaut un discours de ministre. Ne serait-ce que pour ne pas ler laisser dire que les cancrelats de l’« élite » gardent tout : les budgets, les contrats, et maintenant… les gravats.

V. La fraternité en treillis : gestes qui coûtent peu et valent cher

Admettons que la sécurité prime, qu’on ne peut pas laisser n’importe qui fouiller un chantier et se blesser. Certes. Mais la sécurité n’interdit pas l’intelligence. Voici cinq gestes immédiatement disponibles, peu coûteux, à très fort rendement social et symbolique :

  1. Bourse aux matériaux sous contrôle
    Publier, à l’avance, un calendrier de « bourses aux rebuts » : ce qui sort, en quel état, par quel circuit. Priorité à des coopératives de riverains pré‑enregistrées. Un officier du génie supervise, une infirmière présente, une décharge signée. Ce qui est dangereux est mis au rebut certifié. Tout le reste retourne à la communauté, pas à la décharge.
  2. Micro‑contrats de réemploi
    Confier à des ateliers de quartier la transformation du bois et du métal en bancs, abris, tables d’école, étals de marché. On paie au résultat — quelques dizaines de milliers de francs — et on appose une plaque : « Réemploi citoyen – FAD & riverains ». Chaque banc vaut dix conférences.
  3. Journées « Mains nues, cœurs pleins »
    Une fois le trimestre, des militaires volontaires, en treillis et gants, épaulent les équipes locales sur un chantier de quartier (eau, drainage, peinture d’une école). L’image circule. Loin du greenwashing, c’est du gravats‑washing : on lave l’indifférence.
  4. Transparence budgétaire ciblée
    Sans dévoiler la Défense nationale, communiquer sur les petites lignes qui touchent la vie des voisins : achats locaux, bourses d’apprentissage technique, campagnes de don de sang. Pas des secrets, juste des preuves de présence.
  5. Comité d’écoute de quartier
    Trois sièges réservés à des mères de famille, trois à des jeunes, un à l’imam du coin, un à l’enseignant. Qu’ils disent ce qui manque vraiment. Parfois, c’est une ampoule et un carrefour balayé. Le mépris coûte plus cher que l’éclairage public.

Qu’on ne s’y trompe pas : ces gestes n’achètent pas des consciences. Ils restaurent une évidence : la fraternité de voisinage entre un camp en treillis et ceux qui portent des sandales. C’est exactement le type de biens collectifs dont parlent les chercheurs quand ils décrivent les espaces laissés en jachère par l’État et colonisés par des acteurs privatifs — sauf qu’ici, on propose de les reconquérir par le haut, légalement, loyalement. (SpringerLink)

VI. « Mais les cartels, eux, donnent ! » — La réplique impossible

Certains objecteront, d’un haussement d’épaules fataliste : « Mais les cartels, eux, donnent. »
Justement. C’est pour cela que l’État et ses bras armés n’ont pas le droit d’être pingres. Lorsqu’un groupe criminel redistribue, il ne donne pas : il investit. Il met en gage un territoire, achète un silence, bourse une future indifférence. L’État, lui, ne doit pas investir : il doit reconnaître — reconnaître la dignité, les besoins, l’urgence. L’un bâtit une loyauté de peur ; l’autre doit bâtir une loyauté de respect. Et le respect, parfois, commence par un tas de bois.

Les images publiques dans les quartiers pauvres de France, où mes parents d’élèves obtiennent des fournitures d’écoles, des parcs de jeux, des denrées de base, ont été cruelles pour la bien pensance des télévisions d’infos continues et autres policiers de plateaux de Tv  mais si ces caisses de vivres (même marquées d’un sigle narco),ils valent des selfies et des vidéos, et des « merci fréro » — pendant que les administrations hésitaient, se contredisaient, ou arrivaient tard. Ces scènes sont consignées dans des dépêches et reportages que l’on préfèrerait ne pas relire. Elles prouvent une chose simple : l’humanité n’attend pas une virgule sur un décret ; elle attend une main tendue, même tachée. À l’État de faire mieux, plus propre, plus vite

VII. Les nains, les cancrelats et la politique du déchet

Dans un pays où tant de citoyens — les « nains », par ironie tendre — se débrouillent avec des miettes, il est indécent que les « cancrelats » — les élites repues — confisquent jusqu’aux miettes des miettes. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : pas de secrets d’État, pas d’uranium enrichi, pas de plans opérationnels — des restes. À force de cadenasser les restes, on finit par braquer les regards sur le coffre‑fort principal. À force de verrouiller une benne, on déclenche une envie d’audit.

On dira que le ton est outrancier. Certes. Mais le réel l’est davantage : que des riverains aient dû, selon ce média local, demander l’accès à des rebuts et qu’on le leur ait refusé — si cela se confirme — en dit long sur le mépris ordinaire : celui qui ne gifle pas, mais qui retient. Et le mépris, sur les places pauvres, est une drogue dure : elle rend captif du premier dealer de reconnaissance venu. En face, le cartel qu’il soit sud-américain ou marseillais, sait parler : il dit « tiens », il dit « voilà », il dit « on est là ». Ce « tiens » n’absout pas le sang ; il le dilue. Et c’est exactement pour éviter cette dilution que l’État  avait à sa tete une intelligence qui raisonne doit saturer l’espace de petits gestes justes, concrets, visibles.

VIII. L’effet boomerang du moindre clou

Le drame de Camp Mariama — si l’anecdote se vérifie — c’est moins l’épisode en lui-même que son effet de révélateur. Car cela renvoie, par contraste, à l’usage symbolique que font les groupes criminels du « don ». Les chercheurs parlent d’« offre de biens collectifs », d’« enforcement privé », de « souveraineté à bas bruit ». Dans la vraie vie, cela s’appelle tenir la main d’une mère le lendemain d’une inondation, garantir qu’un commerce ne sera pas pillé, payer des funérailles. C’est immoral, c’est illégal, c’est cynique — mais c’est efficace là où l’État est absent ou indifférent. Et c’est précisément pour cela que l’État ne peut pas se permettre d’être mesquin jusqu’au clou. (SpringerLink)

IX. « Mais la Défense n’est pas une ONG ! » — Justement.

La Défense n’est pas une ONG. Elle n’en a ni la mission, ni la culture, ni la souplesse. Elle a mieux : le devoir. Et le devoir, dans un pays serré entre pauvreté tenace et ambitions portuaires, ce n’est pas de donner du riz et des selfies ; c’est de ne pas humilier. Le minimum vital de respect coûte moins cher qu’une heure de kérosène. On peut ne pas avoir de programme « cœurs et esprits », et pourtant ne pas fermer les mains sur des chutes de tôle. On peut ne pas être une agence sociale, et pourtant organiser le transfert d’objets sans valeur militaire vers ceux qui leur donneront une seconde vie.

Si la hiérarchie craint de créer un précédent, qu’elle crée un bon précédent : la première « charte de réemploi civique des emprises militaires ». Elle fixera des limites, des garanties, des procédures, des listes d’exclusion. Elle donnera des idées à d’autres institutions. Elle deviendra cet « acte normal » qui rend les “cartels” ridicules quand ils agitent leurs colis à logo : merci, mais la République l’a déjà fait — proprement, et sans poser avec le cadavre du voisin derrière.

X. Le jour où la benne s’ouvre

Imaginons la scène. Une affiche au portail : « Réemploi citoyen – dépôt de matériaux mercredi 10h–12h ». À l’heure dite, un camion déverse des planches, des tubes, des chutes. Des bénévoles de quartier, casques prêtés, gilets usés, trient. Des militaires encadrent, sourient parfois, apprennent les prénoms. À la fin, une photo de groupe, sans logo tapageur ; juste des mains sales et des yeux moins méfiants. C’est peu de chose ? C’est tout. C’est la politique au sens exact : faire quelque chose ensemble.
Et le soir, les mêmes qui, la veille, attendaient le dealer, le corrupteur, le contrebandier, le marchand de traite humaine de reconnaissance, se disent peut‑être : « Aujourd’hui, c’est l’État qui a dit ‘tiens’. »

XI. Post‑scriptum pour pinailleurs budgétaires

Revenons un instant aux chiffres. Oui, la dépense militaire djiboutienne, dans les séries publiques accessibles et anciennes (fin des années 2000), a varié, parfois haut, souvent sans transparence récente ; oui, on manque de données fraîches. Cela ne dédouane pas de clarifier, d’actualiser, de publier. La confiance, comme l’acier, rouille vite et demande des couches régulières de peinture : transparence, audit, communication. En l’absence de données officielles récentes, la prudence s’impose : on évitera d’asséner des pourcentages spectaculaires sans sources contemporaines. En revanche, on peut affirmer avec certitude que le Camp Mariama existe, qu’il a une vocation coopérative avec des partenaires étrangers, et que, partout où l’État laisse des vides, des acteurs illégaux s’y engouffrent avec des « services » frelatés. Ça, hélas, c’est documenté. (Africa Intelligence)

XII. Conclusion : La dignité, comme la ferraille, se recycle

On peut rire jaune de cette histoire de rebuts — il le faut, tant la farce est triste. Mais à la fin, l’humour ne nourrit pas, il n’abrite pas, il ne répare pas les étals. Ce que l’on demande aux FAD n’est pas d’imiter des cartels en version propre sur soi ; c’est de se souvenir que l’autorité se fonde moins sur l’arsenal que sur la décence. Et la décence, ici, tient à peu de chose : traiter des voisins comme des voisins, pas comme des intrus aux poches vides.

Le jour où l’on arrêtera de confondre « sécurité » et « verrouillage du dérisoire », on aura fait un pas immense. Un camp militaire peut être un bon voisin ; une armée peut être un bras qui ne retient pas ; un État peut, par les gestes les plus modestes, désarmer l’argumentaire empoisonné des criminels qui prétendent donner ce que la République tarde à offrir. Si l’anecdote du Camp Mariama s’avère, qu’elle serve d’électrochoc ; si elle ne s’avère pas, qu’elle serve d’alerte. Dans les deux cas, la leçon est la même : la dignité des pauvres n’est pas du tout‑venant.

Et si, demain, des « nains » — ces Djiboutiens opprimés mais tenaces — repartent chez eux, un fagot sous le bras, un bout de grillage sur l’épaule, un sourire en coin, alors on pourra dire que les « cancrelats » des élites ont, au moins une fois, choisi le bon combat. Parce qu’on ne gagne pas les cœurs avec des serrures. On les gagne en ouvrant la benne.


Notes & sources clés (sélection)

  • Données publiques (anciennes) sur la part des dépenses militaires dans le PIB de Djibouti : séries indiquant ~2,6–7,6 % selon les années, avec absence de données récentes dans les bases ouvertes. (TheGlobalEconomy.com)
  • Camp Mariama : rôle et positionnement (coopérations avec forces occidentales). (Africa Intelligence)
  • Radio Boukao, édition du 17 septembre 2025 (allégation non vérifiée de refus d’accès aux rebuts autour de Camp Mariama). (YouTube)
  • Cartels distribuant des colis alimentaires (Mexique), rappel public du président que ces dons n’effacent pas les crimes. (Reuters)
  • Littérature sur la « gouvernance criminelle » et l’offre de biens collectifs par des acteurs illégaux. (SpringerLink)

Avertissement : Ce texte est un pamphlet satirique et critique. Les éléments factuels sensibles — notamment l’épisode du « tout‑venant » — sont rapportés sous réserve, tels qu’évoqués par un média local, faute de corroboration indépendante à ce stade. Les chiffres budgétaires récents des FAD ne sont pas publiquement consolidés ; d’où l’insistance sur la transparence plutôt que sur les slogans.

Publié par

Avatar de Inconnu

Alpha Lassini

Surgir, Agir et Disparaitre pour que la semence porte du fruit. (Rise, Act and Disappear so that the seed bears fruit)