VERS UNE PRODUCTION PERFORMANTE (1ere Partie)

Nous admettons et gardons à l’esprit l’importance de chacun des secteurs de l’économie,  ainsi que celle de la totalité des acteurs devant concourir à l’animation de la vie économique nationale. Tous contribueront, selon leurs modes respectifs et leurs places definies, à l’implantation définitif du champ d’efficacité communautaire. Mais disons-le clairement: au moment crucial de descendre dans l’action, nous engagerons l’essentiel de nos forces sur un même front prioritaire. Celui dont l’activité,  selon toute objectivité, tient celle des autres fronts en attente.  Dans l’univers contraignant de l’action, il est de la nature d’être construite suivant un ordre opérationnel déterminé. À cet égard, la priorité ne reçoit pas plus d’un convive à sa table à la fois. Une priorité n’est pas une urgence qui appelle des actions expéditives et désordonnées. Au contraire, elle exige un usage intelligent des groupes et constitue un paquet de conditions préalables aux actions ultérieures. Si nous nous fions à la direction des incompétents et des agités, qui ouvrent mille fronts prioritaires à la fois, ils nous feront assurément crever de faim et de soif à la fois, ainsi qu’a fait Buridan de son âne.

Ces principes, quoique cardinaux, ne sont pas évidents dans l’esprit embrouillé de ceux qui n’ont rien fait de leur dix doigts, et dont les pensées vadrouillent de lieu en lieu, à la manière des âmes assassinées. Ils sont entraînés à la spéculation et à la quête de mille choses subsidiaires, et ne peuvent que diluer l’action dans ces vagues et grotesques verbiages. Ils cherchent leurs réalisations loin des pensées pures et des actions concrètes, celles qui engendreront la vie.

Qu’il soit dit partout, dans chaque pays, nous sommes intéressés par les évènements à venir, lesquels nous souhaitons chevaucher bien à califourchon la tête pleine d’idées nouvelles. Nombreux sont ceux d’entre vous qui se ferment encore  les yeux face à la réalité, comme si un trop-plein de lumière les aveuglait aux choses de chez nous. La production des denrées agricoles devance et conditionne l’industrie et le commerce. De ce fait, la production agricole, dans nos pays, n’est pas un des secteurs de l’économie, elle en est l’objet initial, le principe. Sinon, jusqu’où voulez vous pousser la fantaisie? Jusqu’à croire que nos pays construiront, à contretemps et à contresens, chacun pour sa part, sa métallurgie lourde, sa sidérurgie et son aéronautique civile et militaire?

Non, il est tard maintenant. Le monde n’est plus cloisonné, il est d’un seul tenant, à l’instar des eaux d’un même océan. Et nous sommes bien placés en République de Djibouti pour en entendre constamment une propagande vide de tout sens.

Or aussi loin que l’intelligence humaine peut percer, l’avenir verra se renforcer la pratique de cette division du travail entre les grandes régions du monde. Quand le bon moment sera venu, chacun saura d’instinct, dans ce partage des instruments et des sons, des castagnettes ou du gong géminié, du tam tam à deux faces ou du tambour géant, de quel instrument il devra jouer, et à quelle mesure, pour avoir part à la symphonie un peu rugueuse qui s’ elevera du monde de demain.
Quiconque refusera sa participation verra sa voix et celle de sa descendance réduites au silence.

Pour notre part, nous en sommes convaincus, et maints facteurs en témoignent, l’Afrique de demain sera agricole ou ne sera pas.

Voyer, les quelques États dans nos régions qui ont su se hisser à un niveau passablement significatif d’activités économiques sont les seuls qui se sont donnés une agriculture vigoureuse. Même ceux des Etats d’Afrique que le sort a établis sur d’énormes richesses du sous-sol, et qui ont fait l’impasse sur la promotion des produits de la terre, sont en peloton de queue aujourd’hui. C’est vrai qu’il y a de la main de l’homme dans leurs malheurs. Mais la richesse la plus saine est d’abord agricole. Les produits de la terre sont de toute noblesse parce qu’ils constituent le point de départ quasi exclusif, la matière et l’objet de toutes les activités qui animent la vie économique. Le développement rural est très certainement, pour nos États, la priorité que les mille autres priorités doivent attendre bon gré mal gré, sans nous en distraire le temps d’un clin d’oeil.

PLAIDOYER POUR UNE FISCALITÉ DE DÉVELOPPEMENT: Une fiscalité acceptée et appliquée.

Sans vouloir  essayer de réinventer l’eau chaude, il n’est pas de trop de rappeler quelques principes fiscaux de base aux responsables actuellement aux affaires. Une nécessité plus qu’urgente au regard de la performance de la République de Djibouti en matière de climat des affaires (171eme sur 189 au classement du DoingBusiness 2016).

Un système fiscal efficace est celui qui débouche sur « le consentement volontaire à l’impôt ». Ceci ne peut être atteint que si la fiscalité est acceptée et appliquée.

Or, une règle est plus facilement acceptée et mise en oeuvre par les parties concernées si les quatre conditions cumulitativement sont réunies:

  • Les parties concernées ont participé à son élaboration;
  • Elles ont été mises au courant de l’existence de la règle fiscale et de son évolution;
  • Elles ont été mises au courant du pourquoi de la règle fiscale
  • et de l’utilisation qu’il en est fait des sommes collectées grâce à la règle fiscale

Dans un système organisé, l’impôt constitue la source de base des revenus nécessaires au fonctionnement et au développement économique, social et environnemental de l’Etat.
Grâce aux moyens résultants de la collecte des impôts et taxes, le gouvernement promeut, oriente et realise les objectifs de l’essor économique du pays.
La collecte des impôts et taxes est organisée par la fiscalité. Or, la fiscalité s’applique notamment aux entreprises qui constituent la part la plus importante (en valeur) des contribuables.

Aussi la fiscalité doit concilier à priori des intérêts contradictoires:

  • l’intérêt de l’Etat qui consiste à rechercher, à travers les impôts et taxes, le maximum de ressources pour financer ses politiques,
  • et l’intérêt de l’entreprise, qui tout en acceptant de contribuer à l’effort public, ne peut pas survivre dans un contexte de suppression fiscale.

Le « système fiscal efficace » est donc, celui qui, au nom de l’intérêt général, permet de couvrir les besoins financiers d’un État tout en minimisant les impacts négatifs sur l’efficacité des entreprises et en contribuant au bien être du contribuable. Aussi, si la question d’une réforme de la fiscalité se pose avec acuité, c’est parce que, le système fiscal djiboutien actuel ne parvient plus à concilier les exigences budgétaires, avec le développement économique du pays, qui repose, entre autre, sur la dynamisation du secteur privé.

Ce constat posé, il est possible de s’enquérir de l’opportunité de lancer une réflexion sur une véritable réforme de la fiscalité djiboutienne afin d’élaborer une plateforme de propositions qui au-delà des modifications à apporter au Code Général des impôts, pourrait déboucher sur une réforme PROFONDE et AMBITIEUSE de la fiscalité, en entraînant des changements conséquents et radicaux et portant à la fois sur le système fiscal, l’organisation et les mentalités

Au cours des dernières « Assises Fiscales » et au regard de ce qu’elles ont accouché outre une 171eme place au classement du DoingBusiness, alors soit nous continuons à nous complaire dans le superficiel et des opérations de communication, ou bien nous nous ressaisisons si les ambitions pour Djibouti demeurent encore la création et la dynamisation de pôles de croissance et de développement et la réduction de façon significative de la  pauvreté.

OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE, COP21, COP22,…et SOLON.

DE SOLON À LA COP21 http://exdjiboutisemperaliquidnov.blogspot.com/2015/09/de-solon-la-cop21.html

LE DISCOURS DES INSTINCTS GRÉGAIRES.

« Je préfère mon fils et ma fille a mon frère et ma sœur, mon frère et ma sœur à mon cousin et ma cousine, mon cousin et ma cousine à mon voisin et ma voisine… »

Il s’agit de discours agissant dans le sens l’activation de l’instinct grégaire des communautés,  de sermons insensés et démentiels visant à réanimer, partout où cela se peut encore,  les sentiments éthonocentriques et régionalistes des populations. Le but étant que s’établisse le faux débat, celui qui n’a aucun contenu, au sein duquel l’intelligence ne servant plus à rien cède la place à ce que chaque peuple possède en lui d’animalité. Ce type de discours agît contre le sentiment national sain, en suscitant et en alimentant des frustrations qui peuvent être réelles où fictives. La manœuvre étant de dresser les constituants d’une même contingence nationale les uns contre les autres.

Oui, qu’elle soit récente ou ancienne, homogène ou diverse dans sa configuration tribale ou ethnique, la nation est une contingence utile, dans le sens où elle permet la formation de groupes humains devant apporter une contribution commune à la civilisation universelle et à la création. À nos nations naissantes, déjà sous dimensionnées, les femmes et les hommes de l’ethnocentrisme et du régionalisme font courir de grands risques d’éclatement et même de disparition. Ce type de discours est, bien entendu, le fait d’individus incompétents, inintelligents, et franchement incapables de se faire une place sur le terrain fécond et exaltant des combats d’idées. Ils sont réduits pour cela à marchander, toute honte bue, un stock de partisans naturels, dont ils travaillent sans relâche à préciser les contours et l’individualité.

Ainsi qu’il se voit, ces politiciens volent particulièrement bas et font courir à tous le risque d’écueils subits. Ces niais publics ont leurs équivalents, niveau de conscience pour niveau de conscience, dans les États développés du monde, où à défaut d’opposer les groupes ethniques et régionaux trop longtemps harmonisés, ils œuvrent à gonfler et animer le fantôme d’un étranger envahissant. C’est le fait des ultas-nationalistes et autres fascistes. Que l’Esprit des peuples nous préserve de ces démons vieux et jeunes!

Les sentiments tribalistes et régionalistes agités ça et là sont sans contenu réel. À la vérité, ils sont un non-lieu politique. D’autre part, les découpages territoriaux auxquels on y fait gravement référence, en terme de Nord, Sud, Est, Ouest sont si récents, si peu signifiants, et très certainement si arbitraires que c’est se hisser au plus haut sommet de la bêtise que s’y attardera un instant. Quand aux inclinaisons tribales, elles côtoient de trop près l’instinct grégaire des bêtes: je ne veux rien en dire de plus. Le discours tribaliste, ethnocentrique et régionaliste est le plus dangereux de tous, car la plus petite braise peut mettre le feu à toutes les forêts du monde. N’attendons pas que s’installent les radios et autres sites web des Milles collines, avant de nous indigner, car chaque fou se fait nommer au nombre de collines dont il dispose; et même une colline c’est assez effrayant.

Cependant, il faut reconnaître que d’énormes disparités existent, persistent et souvent entretenues entre nos régions, nos villes et villages; entre nos lieux-dits et hameaux, entre nos familles aussi; et par-dessus tout, au sein des différentes entités qui composent l’entité immédiatement englobante. De même, des pratiques immondes d’injustice, de discrimination en tout genre se perpétuent jour et nuit sous nos yeux, pour le moins agacés, sans qu’aujourd’hui ni la force des mots ni celle des bras y puissent rien faire.

Cependant, nous devons travailler avec ardeur à remédier à ces maux, qui constituent autant de bombes à retardement, autant de mines dissimulées sur des milliers de pistes. Les guerres intestines n’ont jamais été propres à remplir une mission de construction. Au contraire, elles font tout voler dans un fracas infernal et infectent l’avenir de sentiments de haine et de destruction. Elles nous donnent le mal en stocks inépuisables. L’édification nationale requiert plutôt intelligence et le service généreux des hommes et des femmes du pays. La réussite de l’œuvre découlera de notre compétence et de notre amour de la patrie; mais jamais de notre sauvagerie collective partagée.

Ainsi, tous, où et en quelles heures de la nuit ou du jour que nous soyons, nous devons discerner, dénoncer et combattre de toutes nos forces, les moindres circonstances, situations, attitudes et langages qui concourent à consolider le sentiment tribal et régionaliste, car ces expressions ont le mérite de dévoiler au grand jour la stupidité de leurs auteurs, elles font courir à tous le risque de la destruction.

MORALE ET CIVISME DANS LA NATION DJIBOUTIENNE.

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« En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme, c’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer ».

Charles de Gaulle
(Conférence de presse, 25 mars 1959).

Quand nous exigeons l’assainissement profond des mœurs publiques et privées dans le cadre du processus de construction et de rayonnement de nos pays, ce n’est pas tant par dévotion morale et civique que par une nécessité basique dont est tributaire la préservation physique même de nos nations. Les repères moraux et civiques, dont la force contraint l’individu moyen à contribuer au renforcement du corps social, pourraient s’évanouir, et ne laisser la place qu’à la sauvagerie et à arbitraire, et nous ne serions plus loin de notre apocalypse 

Partout, les bases d’une accumulation utile du travail communautaire doivent être assises sur une rigueur implacable dans la gestion des ressources. Ainsi, qu’un sol fangeux ne peux recevoir sans un travail d’assainissement préalable l’ouvrage le mieux conçu au plan technique et architectural, de même le meilleur programme de développement ne peut être implanté et se maintenir dans un contexte de déchéance morale et civique généralisée. C’est pourtant ce que révèle l’état de lieu aujourd’hui.

Nous somme cruellement suspendus, mis en apesanteur. Nous nous sommes décrochés de notre astre originel, sans avoir raccroché un autre véritablement. Nous ne sommes pas le résultat d’un métissage culturel enrichissant, comme il a été dit jusqu’à ce jour. Au contraire, nous sommes un mélange instable, atypique et passablement stupide. Nous sommes désaxés. Le substrat culturel est le support de la norme morale qui conduit chaque société. Il est aussi notre sens du beau et notre repère du bien. Avoir perdu ces trésors des peuples fait planer sur nos communautés de grands risques quand à leur survie même. Mais contrairement à ce qu’avance une certaine pensée moderne, nous étions au départ une société parfaitement structurée, dotée d’une morale ainsi qu’une philosophie claire, autant que celles des autres peuples.

La situation appelle une entreprise de sauvetage, une suite de mesures d’assainissement en profondeur concomitamment aux actions d’édification nationale. Mais, elles ne sont qu’un préalable. L’ordre des actions importe grandement; il découle de la nature même des choses, et aucune force ne peut y déroger. Il vaudrait mieux renoncer à la vie même si l’on ne concsentait à agir selon l’ordre des choses. Il faut assainir le sol avant d’ériger un édifice viable; il faut administrer une bonne potion contre les parasites avant de proposer au patient une bonne alimentation; enfin, il faut chasser les chimpanzés du grenier, avant de crier aux enfants du pays: aux moissons et que sa grouille!

Voilà pourquoi une guerre totale contre la corruption, les délits et crimes qui lui sont voisins est une condition nécessaire  au programme de développement que nous préconisons. Il apparaît alors parfaitement ingénu de caresser le moindre rêve, la moindre espérance de vie et de rayonnement pour la nation, si nous ne sommes pas prêts à payer le prix de l’assainissement, peut-être même de l’amputation. Puisque la purification morale et le renforcement civique des citoyens est le premier gage de développement harmonieux et de la paix sociale, nous entendons y jeter toute la force de l’Organisation.

On a entendu quelquefois des discours embrouillés qui tendent à soutenir qu’un effet positif pourrait, dans certains cas, être attaché à un contexte de corruption généralisée et s’enrichissement frauduleux de quelques uns, au détriment du plus grand nombre. Ils tendent àsoutenir qu’un pays pourrait trouver son équilibre dans la fange de la corruption et se construire un système économique et social non pas seulement informel mais souterrain, fait de galléries infectées par où transite l’essentiel des ressources du pays.

Examinons ces situations d’illusions et de bombes à retardement. Nous verrons qu’ils induisent invariablement des mouvements politiques extrémistes et brutaux, fait de diverses formes de guérillas, d’attentats terroristes, de décapitations, d’industries de produits nocifs, de records de criminalité battus et tant d’autres fléaux encore. Ainsi il se forme de multiples affluents de violences qui grossissent celui plus fondamental d’un État dictatorial. Les peuples perdraient leur nature profonde s’ils venaient à s’accommoder de l’injustice sociale, de la faim et de la souillure de leurs dirigeants.

Nous n’avons plus le choix. Nous devons maintenant nous attaquer à nos canardières de fiantes glaireuses et puantes, que nous laissons monter en grade de saletés inégalées. Nous devons maintenant ouvrir nos fosses communes de crimes dissimulés, les langes du nouveau-né et le linceul du mort que le froid tenaille, les haillons du pauvre qui cuit au soleil, nous les avons tous volés, nous les vauriens, nous qui volons par manies inguérissable. La nausée atteindra son paroxysme. Les viscères nous monterons à la gorge, et nos bouches se chargeront de baves abondantes. Tant nous avions été malhonnêtes, tant nous avions été sales.

Les cas de déchéance extrême, vécus par certains États supposés modernes mais qui croupissent en fait dans les âges primitifs de la morale et du civisme, se sont tous révélés non viables. Et d’énormes efforts ont dû être consentis ces dernières années pour dissoudre les mariages incestueux entre le pouvoir d’Etat et la pègre.

Que peut on jamais obtenir, au sein d’une Nation, de politiciens chefs de gang qui braquent tout un peuple à long terme; de ministres qui rongent et pillent; de hauts fonctionnaires incompétents; d’agents soi-disant assermentés qui souillent chaque jour l’uniforme national; de mécaniciens qui permutent les pièces de rechange des engins confiés à leurs soins; de professeurs qui font payer l’octroi d’un diplôme en argent et nature; d’avocats qui détournent à leur profit l’indemnité des orphelins; de chirurgiens qui, horreur extrême, dérobent les prothèses des malades qu’ils opèrent; tant d’autres comportements diversement impensables dont nous de la possibilité, sinon du caractère commun?

Tous les discours sur le développement des pays, qu’il s’agisse de ceux de mille théoriciens sans prise sur le réel, ou des nôtres, assis sur l’éveil économique des communautés rurales et péri-urbaines comme point de départ du développement compréhensif, ne pourront ni produire le développement, ni  même l’héberger, si rien n’est fait pour contrer le pillage en règle des ressources nationales.

Produire le développement consisterait à en assoir les bases dans nos contextes propres, dans nos ressources, dans nos efforts et nos créativités; à engager des réflexions pratiques et larges sur la stagnation de la vie de ce côté-ci du monde; et enfin à conduire des actions courageuses dans le sens bien tracé de ces mêmes préoccupations. Non pas en attribuant à tous les problèmes qui nous accablent, y compris ceux qui sont ouvragés par nos propres mains, une urgence égale, en en érigeant une rigoureuse table de priorité, à laquelle nous conformer, comme si ce fut des ordres émanent de l’Esprit même du Peuple. Voilà notre moindre devoir, et l’ombre de la honte porte sur nous so nous offrons moins qu’un engagement total et sincère à cet égard.

Héberger le développement équivaudrait, à défaut de pouvoir le produire, à être au moins en mesure de coordonner et gérer les ressources mises à la disposition de nos pays, par la bienfaisance internationale. Notre politique de la main tendue et de la larme suspendue aurait des chances de succès. Et chaque jour, l’étranger nous apportera le développement en pièces préfabriquées. C’est arrivé à établir et à maintenir une gestion saine au sein de l’Etat-mendiant de sorte que le peu de vivres généreusement déposés à nos portes, par les divers étrangers de passage ou en campement dans nos pays, emprunte les chemins classiques du gouffre sans fond des vaines prestations sociales et des investissements insensés. Car, en réalité, aucune action de charité, encore moins celles résultant de conventions et autres traités de nature dolosive caractérisée, dans un État libre, les conditions du dynamisme intérieur, nécessaire à la créativité et au développement authentique.

JE SUIS DONC JE DIRIGE: DU COUP D’ÉTAT OU LE POUVOIR PAR ARRACHAGE.

Le coup de force est un moyen d’appropriation du pouvoir politique par les armes. L’efficacité militaire, supposée ou rélle, complétée d’audace et de fougue est seule en action. Et même si des proclamations sont lues, elles ne viennent ni pour persuader, ni pour exhorter; mais pour annoncer et menacer;

              Les faits sont claires: un grand désordre a cours sous la houlette de dirigeants politiques élus ou précédemment imposés, sous le regard complaisant de la population globalement irresponsable. Des patriotes en coque vide endossent des vêtements nationaux pour faire halte à l’incurie. Quoi de plus juste.


                   En effet, dans un univers où à peu près tout va mal, et où quasiment rien de bien ne se construit, toute tentative d’interruption de l’ordre courant a des apparences salutaires tous les acteurs d’un quelconque changement ont des allures de heros. Même si le propre des illusions est de s’évanouir l’instant d’après. 


                   L’armée et les forces de sécurité, de tous les temps, sont des structures sociales les plus performantes. Elles sont, avec la religion, pemières ex-aequo en matière d’efficacité embrigadantes des peuples. L’armée et les forces de sécurité en cette matière operent par leur structuration interne génératrice de terreurs objectives. Quand bien même se desagregeraient elles, l’armée et les forces de sécurité seraient les toutes dernières organisations à tomber en déliquescence. Il ne peut du reste en être autrement. Leurs moindres gestes sont amples et lourds de conséquences. Elles savent préserver leurs forces et jouissent, de capacités de ménagement poussées. Même leur désagrégation finale est comparable à celle de l’atome.


                       Elles émettent une formidable force de feu. Elles sont une mine d’énergie brutale , ainsi que chacun le sait. Quand aux membres qui les composent, on en a toujours fait des machine à obéir. Ils sont les mêmes depuis le temps des pharaons jusqu’à nos jours.


                          Pour revenir aux chefs de nos armées et forces de sécurité, sous l’angle de leurs intempestives incursions dans la vie publique, ne nous perdons pas en discours vitriolés sur les cas extrêmes d’inculture et de cruauté outrancières, de vol à main armée, car c’est bien ce qu’ils font. Ils sont si laids en leur action et en leur substance, qu’aucune peinture ne peut davantage les défigurer. Ils vous braquent un peuple entier de longues années durant et vous le dépouillent jusqu’au linceul, toujours avec la complicité de nos très chères grandes nations soi-disant qui, naguère nous avaient exporteé la civilisation; cette même civilisation qu’il est impératif de sauver présentement des hordes de barbares religieux fondamentalistes. Nous en reparlerons plus amplement.


                       Examinons plutôt les circonstances où les chefs militaires et sécuritaires, de même niveau de conscience que leurs homologues civils, accèdent au pouvoir suprême de l’Etai par la force des armes. D’emblée, le décor est planté et les règles du jeu connues de tous. Ce n’est pas que: qui tue par l’épée périra par l’épée, mais les même règles qui ont prévalu à la conquête du pouvoir prévaudront à sa conservation et aussi à sa passation d’une main à une autre, à son arrachage devrions-nous dire en cette occurrence. Cet état de chose n’a pas cours seulement cours dans la conscience des seuls acteurs politiques. Il a aussi cours dans celle des citoyens en général. Et c’est là que réside le drame. Le fait même que le pouvoir politique ait pu être conquis par la force des armes, et se doit d’être, pour cette même cause, conservé et transmis par des moyens similaires, entraîne des conséquences majeures.


                   Premièrement, c’est une incommensurable quantité d’énergie qui est dissipée, aux seules fins de conserver par les armes un pouvoir, lui-même acquis par les armes. Cet état de fait épuise grandement les acteurs en place, et les détournent des réflexions et actions devant concourir aux avancées communautaires, au cas oū ils en auraient quelques intentions. Mais un fait est indéniable: il faut faire le guet contre la prochaine intrusion. Puisque ni les antécédents, ni même le fondement de l’ordre courant, ne sont contraires à la pratique de telles razzias. Dans les faits, il s’agit d’entreprises aussi diverses que les gardes spéciales, les polices politiques, les milices ethnico-tribalo-régionales, toutes évoluant dans leurs multiples fonctions de filatures, de harcèlements, de privations de liberté et même de génocides. En confisquant pour leurs seuls services les moyens de communication, elles maintiennent le peuple sous un feu nourri de mensonges et de désinformation insoutenables. Et il se trouve toujours des professionnels médiocres et des intellectuels en fer blanc, dont la cervelle a roulé dans le ventre, pour se mettre aux ordres.

                               Deuxièmement, toutes cette machine de brutalité va être huilée de fonds importants. Et comme il s’agit en l’occurrence d’entreprises obscures, elles ne peuvent s’accommoder que de fonds tout aussi obscures. Et il faut que ces derniers soient lèves par les chefs de gangs aux plus hauts niveaux. Ainsi, le risque de généralisation de la corruption au sein de la classe dirigeante est complet. C’est vrai, qu’on a pu observer des cas rarissime, oū le monarque, chef de la République, a réussi le tour de force exceptionnel consistant à conserver pour lui tout seul, un petit carré de voleurs agréés, le monopole sur le pillage des biens publics. Mais cet état de chose n’est pas le plus courant. Et cela ne peut se faire qu’au prix d’une violence répressive des plus inouïes.

                                  Troisièmement, la gloutonnerie par laquelle la horde des politiciens et autres satrapes vont dilapider et piller le bien public ne connaît pas de bornes. Ceci résulte du fait que ces pirates de la terre ferme, embusqués dans nos ministères, administrations centrales ou décentralisées, sociétés nationales et bien entendu, au sein des sacro-saints “secteur privé” et “société civile”, demeurent dans l’ignorance totale de quand pourrait subvenir la fin du banquet de la honte, puisqu’il n’y a ni mandat ni terme connu. Le pouvoir politique politique acquis par la force des armes et/ou conserver par la force des baïonnettes est de la même nature que celui exercé par un chef de gang quelconque. Il n’y a pas entre les deux une différence de nature, mais de simple dimension, de champ d’action. Et des pays entiers sont restés sous ce régime de braquage prolongé. D’autres y demeurent encore, malheureusement.