Catastrophe de l’Oued d’Ambouli : Quand l’Urbanisation Anarchique Devient un Danger à Djibouti.

La crue dévastatrice de l’oued d’Ambouli survenue ce jeudi 28 mars 2024 met en lumière les conséquences désastreuses de l’urbanisation incontrôlée et de la négligence des réglementations en matière d’aménagement du territoire. Cette catastrophe, qui a coûté des vies humaines et causé des dégâts matériels considérables, est le résultat direct de l’action humaine irresponsable.

L’anarchie qui règne dans l’octroi des autorisations de construction sur les berges de l’oued est un facteur clé de cette tragédie. Les autorités compétentes ont failli à leur devoir en permettant l’établissement de bâtiments et d’infrastructures dans des zones qui auraient dû rester non aedificandi, c’est-à-dire non affectées à l’urbanisation. Le non-respect de ces zones tampons, pourtant essentielles pour la sécurité des populations et la préservation de l’environnement, a ouvert la voie à une urbanisation effrénée et incontrôlée.

La course aveugle aux profits, sans considération pour les risques encourus par la population, est un autre facteur aggravant. Les promoteurs immobiliers et les entrepreneurs peu scrupuleux ont privilégié leurs intérêts financiers au détriment de la sécurité publique. Ils ont exploité les failles du système réglementaire et l’absence de contrôle efficace pour bétonner sans limite les berges de l’oued, augmentant ainsi la vulnérabilité de la zone aux inondations.

Cette inconscience collective face aux risques naturels est d’autant plus choquante qu’elle n’est pas nouvelle. Les crues de l’oued d’Ambouli sont un phénomène récurrent, et pourtant, les leçons des catastrophes passées n’ont pas été tirées. Les autorités et les citoyens ont continué à ignorer les mises en garde des experts et à négliger les mesures de prévention et de protection nécessaires.

Il est impératif que cette catastrophe serve de catalyseur pour un changement radical dans la gestion de l’urbanisation et de l’aménagement du territoire. Les autorités doivent renforcer les réglementations et les faire appliquer avec rigueur, en mettant fin à l’anarchie dans l’octroi des permis de construire. Les zones non aedificandi doivent être strictement respectées et protégées, et des sanctions sévères doivent être prises contre ceux qui les enfreignent.

De plus, il est essentiel de sensibiliser la population aux risques liés à l’urbanisation incontrôlée et de promouvoir une culture de la prévention. Les citoyens doivent être informés des dangers auxquels ils s’exposent en s’installant dans des zones à risque et encouragés à adopter des comportements responsables.

Enfin, il est crucial de mettre en place des plans d’urgence efficaces et des infrastructures de protection adéquates pour minimiser les impacts des crues futures. La restauration des écosystèmes naturels, tels que les zones humides et les forêts riveraines, peut également contribuer à atténuer les effets des inondations.

La crue de l’oued d’Ambouli est un tragique rappel des conséquences de l’inconscience humaine face aux risques naturels. Il est temps d’agir avec détermination pour prévenir de futures catastrophes et protéger les vies et les biens de la population. Seule une action concertée des autorités, des citoyens et de tous les acteurs concernés permettra de construire un avenir plus sûr et durable pour tous.

L’HOMME A LA VIE EN TUTELLE

L’homme a les choses de la vie en tutelle.  Voilà pourquoi il faut le regarder avec respect, et voir en lui,  non pas un semblable conventionnel,  mais un égal parfaitement complémentaire dans la réflexion et dans l’action.

Maintenant que l’élection présidentielle a eu lieu, que le Président de la République pour la période 2016-2021 est désigné, que le Tout-Puissant l’assiste, face aux tribulations de notre peuple et aux actions urgentes qu’elles appellent de la part de tous, que faisons-nous?

Comment réinstaurer la confiance et préserver la paix.

Comment réinstaurer la confiance et préserver la paix. (Suite 7)

De la confiance et la stabilité.

La lecture de l’histoire de l’occident a conduit pendant longtemps, à considérer les progrès économiques, sociaux et politiques comme la résultante logique et directe des nombreuses réformes économiques intervenues (réforme agraire,  formation du capital, libération de la main-d’œuvre,  révolution technologique,  révolution industrielle, taylorisme,  etc). Or, de nouvelles interprétations de l’histoire de l’humanité indiquent que le progrès puise sa source,  au-delà des facteurs économiques,  dans l’éthique de la confiance qui a fondé les différents systèmes économiques performants. Là où cette éthique a pris place, le développement a été rapide et global.

Aujourd’hui la confiance est au cœur de la problématique de la croissance économique et du développement social. Le comportement des agents est de plus en plus réagi par la logique de la confiance dans l’entreprise, la monnaie le marché financier, l’investissement et les institutions.

Dans les pays en développement comme la République de Djibouti, le positionnement dans l’économie mondiale dépend de la confiance qui anime les agents économiques nationaux et étrangers pour investir et entreprendre. De même,  les rapports de partenariat entre la République de et les autres pays sont, de plus en plus, soumis au degrés de confiance dont jouissent les institutions.

Autant d’arguments qui témoignent de l’importance cruciale de la confiance dans la réussite de tout projet de développement économique et social.

C’est dans ce contexte qu’il faut envisager la nécessaire dynamisation de la confiance et appréhender les ajustements indispensables : relance du dialogue social, amélioration des rapports entre les opérateurs privés et l’administration, réformes institutionnelles.

La confiance n’est pas une simple catégorie morale, abstraite. Elle est aussi une culture. Dans toute démocratie, elle nourrit le quotidien des citoyens. Sa traduction dans les comportements des opérateurs et dans le fonctionnement des institutions revêt la forme d’une efficacité accrue dans la gestion des affaires publiques d’une plus grande transparence dans les rapports entre institutions et citoyens, d’une participation plus large de la population au traitement des problèmes économiques et sociaux enfin, d’une amélioration réelle des relations professionnelles.

Aussi, l’initiation de l’éthique de la confiance se traduit-elle, d’abord, au niveau des comportements des opérateurs,  par le respect de la loi, la culture du civisme et de la solidarité ainsi que une plus grande rationalité dans le comportement social et dans le mode culturel de consommation.

Au sein de l’administration, une telle perspective devrait induire plus d’efficience et plus d’équité.  Dans ce contexte le service public se présente comme le résultat de l’instauration de rapport conventionnels entre l’administration et les citoyens.

L’émergence de l’éthique de la confiance est,  enfin, tributaire, de l’amélioration réelle des relations professionnelles sur lesquelles est fondé le système productif. En effet, l’évolution récente de nombreuses expériences a montré que les économies modernes qui résistent le mieux à la mondialisation et qui enregistrent de meilleurs performances sont précisément celles qui ont établi leur système économique sur des relations professionnelles modernes, c’est-à-dire sur la concertation et le respect des intérêts mutuels.

Par ailleurs, les trajectoires différenciées des sociétés révèlent que les transformations brutales conduisent souvent à des impasses et que les ruptures radicales engendrent de lourds coûts civilisationnels.

Dans l’histoire de la République de , l’éthique de la confiance, a toujours fondé les rapports entre les institutions républicaines et le peuple ; constituant la source de légitimité et expliquant la stabilité du système politique.

C’est dans cette perspective qu’il convient d’inscrire les processus de recherche d’un nouveau souffle de la confiance  et qu’ambitionnent les réformes institutionnelles que nous appelons de nos vœux. Ce nouveau souffle de la confiance du peuple de envers ses institutions devrait consacrer et consolider la légitimité historique, gage de stabilité, ouvrir  de ce fait une nouvelle ère plus propice à l’élaboration consensuelle des choix stratégiques de l’avenir.