
Les tribunaux des sociétés contemporaines sont devenus les problèmes emblématiques d’une justice en crise. La République de Djibouti n’échappe pas à ce constat trivial. Si la présente crise institutionnelle et sociale de la justice projette les tribunaux au-devant de la scène, il n’en est pas moins vrai que cette visibilité des tribunaux cache autant qu’elle révèle la crise, surtout celle de la justice au quotidien, celle qui concerne, peu ou prou, tout citoyen. Les symptômes sont bien connu: la lenteur de la justice, le manque d’efficacité, l’inflation des procès et les barrières à l’accès au droit, pour ne citer que ce qui touche de près au présent travail. La question de l’accès au droit, thème récurrent des sociétés contemporaines, est au centre de la crise et de la réforme de la Justice. Elle constitue la pierre de touche de notre étude. L’accès au droit est, bien sûr, un principe de droit consacré par la Constitution de la République de Djibouti. Mais c’est aussi un problème socio-économique réel qui mérite toute notre attention. Le manque d’accès devient alors un révélateur du problème de la justice, tout comme deux phénomènes concomitants : la lenteur des tribunaux et la procéduralisation croissante du droit, cette dernière mesurée habituellement par l’inflation du nombre de cas à traiter
La justice, pilier de l’autorité de l’État, est le fondement de la démocratie, la garantie des droits et des libertés, l’assurance de la prééminence de la loi et la consolidation de l’État de droit.
La sécurité et la prévisibilité juridique, la certitude que la loi est la même pour tous, conditionnent la confiance que les citoyens et les partenaires économiques étrangers ont dans le système judiciaire et plus largement dans un système de gouvernance, et contribuent, de façon décisive à la quiétude et à la solidité sociale ainsi qu’à la croissance économique et au développement durable.
Tout effort de réforme de la justice s’avère pour notre pays une nécessité vitale.
Une telle réforme doit prendre en compte les expériences étrangères qui ont fait leurs preuves, mais aussi puiser dans notre histoire, dans notre culture, notre patrimoine juridique et dans nos aspirations.
La justice est un vecteur essentiel du renforcement de la cohésion sociale, un vecteur décisif de la démocratie en profondeur de la société et le principal pilier de l’État de droit.
Les changements qui affectent aujourd’hui le monde, et qui concernent aussi DJIBOUTI, nous conduisent à élargir nos perspectives pour penser la justice du point de vue de l’accroissement de son rôle économique et de la prise de conscience de sa contribution au développement.
Il est aussi évident qu’à Djibouti comme ailleurs, la Justice se trouve confrontée à des nouveaux défis. Elle se doit de les relever sans tarder si elle veut continuer à accomplir sa noble mission et être en mesure d’accompagner les mutations économiques et sociales. Elle doit surtout tenir compte de la rapidité et de la complexité de ces mutations pour être prête à les traiter avec célérité et compétence.
Le peuple djiboutien, au nom duquel la Justice est rendue en son nom, est extrêmement attaché à la République constitutionnelle et à l’édification de l’État de droit.
Compte tenu de son souci d’asseoir les institutions sur des fondements solides, le peuple djiboutien a à maintes reprises invité tout un chacun avec vigueur et fermeté, sans relâchement ni répit, au respect des dispositions de l’État de droit dans le cadre des libertés que garantit la Constitution.
Nous sommes tous conscients de l’existence d’une série d’entraves structurelles telles, la discordance au niveau des centres de décision et le fossé existant entre l’esprit et la lettre des lois, ce qui se répercute négativement sur leur mise en oeuvre et se traduit par une lenteur dans la réalisation, sans qu’il y ait des mécanismes juridiques permettant de lutter contre ces pratiques. Mais notre détermination doit être grande, d’œuvrer pour la consolidation de l’État de droit, la réforme de la Justice.
La Justice est, à l’évidence, le premier garant de la sécurité, de la stabilité et de la cohésion qui font la citoyenneté véritable.
Elle est en même temps un facteur agissant dans la moralisation de la société, l’instauration de la quiétude parmi ses membres, la garantie des conditions du développement économique et du progrès social et l’ouverture des perspectives d’une vie démocratique effective permettant la réalisation des espérances que nous nourrissons tous ensemble.
Depuis que le Président I.O.G. assume la mission suprême de guider notre peuple, mission dont la justice constitue intrinsèquement une des charges essentielles, il ne cesse de souligner, à l’intention de tous les gouvernements successifs et du parlement, tout l’intérêt qu’il attache à la modernisation de la Justice et à sa mise à niveau pour qu’elle apporte son concours efficace au projet sociétal démocratique et moderniste que tous nous nous efforçons de concrétiser. Mais ceci ne peut se faire que par une Réforme de la Justice.
Cette justice réformée doit répondre à de nouvelles exigences, à savoir, donner sens et consistance à l’édification de l’État de droit et conférer un contenu concret et palpable à la démocratie, en assurant, à tout moment et en toute circonstance, la primauté de la loi et l’égalité de tous devant elle.
La Justice réformée doit assurer la prévisibilité et la sécurité juridique qui précisent les protections garanties par la loi, et donc instaurer la confiance, clef de voûte de l’économie libérale, et par là même, contribuer à la relance des investissements et la croissance économique inclusive.
Ainsi, nous devons être attachés à réhabiliter la Justice, à la mettre à niveau et à la débarrasser de toutes les tares et les carences, en traçant clairement et fermement le chemin de l’inéluctable Réforme. Des progrès indéniables ont été accomplis, le processus de détérioration a été stoppé et le travail de reconstruction et de modernisation de la Justice est engagé, même si cela se cantonne à des actions portant plus sur le matériel.
Nous considérons que l’action de réforme de la JUSTICE est un programme ambitieux, laborieux et de longue haleine, dont nous devons résolument accélérer la cadence, pour assurer la modernisation la moralisation et la mise à niveau de l’appareil judiciaire.





Vous devez être connecté pour poster un commentaire.