« Tant vaut la femme, tant vaut la Nation »
I. L’éducation de la femme djiboutienne dans les différents contextes éducatifs formels.
Bien que des progrès aient été réalisés pour ouvrir aux femmes l’accès à l’éducation, une situation qui a profité à un certains nombre d’entres elles, leur participation effective à l’éducation se maintien encore à un taux inférieur à celle des hommes.
Certes les responsables politique, les administrateurs et les décisionnaires sont de plus de plus conscients de l’ampleur du problème, mais l’éducation des femmes est encore trop rarement un point majeur dans l’ordre des priorités.
Le message principal adressé aux décideurs politiques est de plaider la nécessité de l’éducation des femmes. Un tel plaidoyer n’est possible que s’il s’appuie sur une recherche approfondie sur l’égalité des sexes dans le domaine éducatif.
Il existe peu d’initiatives non-formelles efficaces en éducation des adultes pour autonomiser les femmes à travers des activités telles que l’apprentissage de la capacité à diriger ou la sensibilisation à la discrimination.
Dans de tels programmes non-formels, l’éducation devrait prêter attention à la subjectivité féminine, leurs diverses identités culturelles et leur bien-être émotionnel.
II. Participation inégale à l’éducation
En valeur absolue, la participation des femmes à l’éducation formelle se maintient à un niveau inférieur à celle des hommes. Ces statistiques démontrent la faible valeur que nous accordons à l’éducation pour la vie de la femme djiboutienne.
• Ceci se traduit par le peu d’empressement à appliquer les réformes en dépit des nombreuses déclarations politiques ;
• Malgré un système éducatif subventionné qui professe la scolarisation obligatoire jusqu’à seize ans, l’égalité des sexes, peu de tentatives sont effectuées pour appliquer correctement les réformes visant à promouvoir l’éducation des filles et des femmes ;
• dans les régions rurales, au-delà de la faiblesse de revenus qui engendre en cas de choix à faire entre garçon et fille à scolariser, la décision des parents à ne pas envoyer les filles à l’école peut également trouver une cause dans le faible nombre d’enseignants femmes.
• La stratégie de la création d’un ministère, de services et de programmes distincts pour les femmes semble avoir provoqué involontairement leur isolement du reste du système et a réduit l’influence des femmes dans les autres départements et secteurs : à titre d’exemple, les femmes ont difficilement une possibilité réelle et efficace d’influencer les programmes majeurs ainsi les femmes n’ont pas souvent voix au chapitre pour revendiquer des programmes adaptés au marché du travail.
• Elles continuent à recevoir des formations dans des disciplines non-techniques traditionnelles ; de même les programmes d’alphabétisation sont souvent menés comme des programmes féminins, isolés des autres programmes des adultes quand cela existe.
La tension entre l’attribution d’un statut spécial aux questions de disparité entre les sexes et l’intégration de ces questions dans l’éducation des adultes constitue un problème majeur pour l’éducation des adultes. L’enjeu est d’articuler une complémentarité entre les approches.
Une démarche différente est adoptée aujourd’hui dans le cas de la santé des femmes, domaine où les programmes de santé génésique ne s’adressent pas seulement aux femmes mais aussi aux hommes ; la santé génésique comprise dans un sens qui touche à la responsabilité des hommes dans la prévention des maladies et le contrôle des naissances.
En bref, la nécessité d’intégrer de diverses manières les questions d’égalité des sexes dans l’éducation des adultes demeure un enjeu majeur.
III Les Programme d’alphabétisation tiennent rarement compte des rôles multiples que les femmes et les filles assument en dehors du domaine éducatif.
Une attention insuffisante est portée aux barrières sociales et culturelles qui empêchent les filles et les femmes de se joindre au large mouvement de l’éducation.
o La participation est freinée par la médiocrité des programmes, l’inadaptation des manuels, la qualification insuffisantes des enseignants et des moniteurs et la mauvaise gestion des programmes.
o La perception négative de l’éducation des filles et des femmes dissuade fréquemment ces dernières de poursuivre ou d’entreprendre une formation complémentaire.
o Il n’existe guère d’étude ou de politique qui se soit penchée sur la situation des filles handicapées et marginalisées et celle des filles qui abandonnent l’école en raison d’une grossesse.
o L’éducation des adultes est dispensée souvent de façon fortuite ou ad hoc, et ne reçoit pas de financement ou très peu.
o Elle est très fréquemment réduite à l’alphabétisation et doit se suffire d’un personnel bénévole ou à temps partiel
o Il est indispensable de mobiliser l’opinion publique, les médias et les personnes de pouvoir, et d’inscrire l’éducation des adultes à l’ordre du jour ; d’organiser des réunions des femmes occupant des postes gouvernementaux et d’administrateurs haut placés, afin qu’elles s’engagent en faveur de l’éducation des femmes. Avec des actions appuyées par des données scientifiques détaillées sur la question de la parité, en particulier dans le domaine éducatif, pour cibler les politiques et les pratiques, proposer des modalités alternatives d’éducation pour les filles et les femmes ;
o Renforcer la normalité de l’éducation des femmes, en faisant prendre conscience que la discrimination sexuelle est inacceptable dans le système éducatif.
o Sensibiliser les décideurs politiques et les administrateurs de programmes à l’importance de l’éducation des filles et des femmes.
o Sensibiliser les enseignants et les formateurs ;
o Mener une critique envers les manuels pédagogiques qui représentent les femmes principalement réduites à l’impuissance :
o Stimuler l’action affirmative, notamment pour les filles handicapées ;
o Faire pressions sur le gouvernement pour qu’il assume une plus grande responsabilité envers l’éducation des adultes et l’enseignement supérieur des femmes.
o Préconiser une vision holistique de l’éducation et une « conscientisation paritaire » dans les politiques et les pratiques éducatives en mettant l’accent sur les droits de la personne et la justice sociale.
o Etudier la relation entre autonomies, développement, éducation et égalité
o Former des réseaux de femmes qui entreprennent des actions semblables dans d’autres pays.
La conception de base est d’impliquer les femmes situées dans des positions privilégiées pour qu’elles aident les autres femmes et filles moins favorisées à bénéficier de leur droit d’apprendre.
II EDUCATION DES ADULTES DANS LE CONTEXTE NON FORMEL.
L’éducation des adultes telle qu’elle est envisagée dans ce type d’organisation aborde les diverses préoccupations des femmes sous une forme interdépendante et interdisciplinaire.
Les thèmes traités couvrent les relations entre les hommes et les femmes, le pouvoir, les droits des femmes, les sources de conflits et l’invisibilité des femmes.
Cette approche stimule la libre association des thèmes entre eux qui est une est une manière de construire de nouvelles significations et de créer un nouveau savoir.
Cette approche se concentre sur les diverses formes de discours, d’imagination et de projections collectives qui se répercutent sur la vie des femmes. Elle met l’accent sur les histoires familiales, les souvenirs personnels et les récits de l’histoire du pays (chaque thème étant étudié dans son contexte symbolique, ainsi que l’idéologie du passé).
Cette démarche poursuit l’objectif de stimuler les facultés autonomisantes des femmes comme la communication et la créativité.
Les autres objectifs sont :
• Apporter un changement dans les institutions sociales, culturelles et politiques,
• Elaborer et articuler des questions politiques comme les droits de la femme et des questions touchant à la vie privée des femmes,
• Instaurer un réseau solide de soutien politique pour les femmes dans tous les domaines de la vie
• Promouvoir les femmes aux postes de direction, tout en valorisant la diversité culturelle ;
• Définir la capacité à diriger dans l’optique de la complexité des identités en tenant compte des rôles divers que la femme assume à titre de mère, d’ouvrière, de citoyenne, de veuve, de consommatrice ou patiente du système de santé.
L’essentiel est l’appropriation des projets.
• Les femmes ont ainsi l’occasion de se dissocier de la culture dominante tout en faisant partie de la communauté ;
• Un autre but consiste à développer des capacités pratiques en fonction des besoins et des intérêts immédiats des femmes.
• D’autre part, les femmes sont encouragées à évaluer de manière créative leur situation et leur condition de vie, et à traiter ouvertement des questions conflictuelles au lieu de les refouler ;
• Une dernière finalité de cette initiation en éducation est de promouvoir la faculté des femmes à s’exprimer publiquement. Il s’agit de développer des compétences qui permettent aux femmes d’imposer plus vigoureusement une présence féminine dans la vie publique et de prendre plus de charges publiques ;
• En même temps, elles sont encouragées à reconnaître leurs intérêts, leurs aspirations et souhaits personnels dans les différents environnements politiques.
Le but de cette pratique est de relier plus ferment la démarche éducative à l’identité et à l’individualité des femmes.
Elle encourage les femmes à équilibrer leur manque de visibilité dans la société principalement en participant aux institutions publiques mais aussi en élaborant de nouveaux discours et en développant leur identité.
L’importance de la subjectivité en éducation des adultes
La subjectivité désigne la façon dont les femmes font mention d’elles-mêmes et des autres. Elle dépend des émotions, des façons de concevoir le monde du sens personnel de l’existence, de l’individualité, de l’unicité, de l’identité sexuelle, d’une continuité, de la conscience de l’autre ainsi que des perceptions conscientes et tendances inconscientes.
Il est vital de reconnaître l’importance du bien-être émotionnel des femmes en éducation des adultes.
La subjectivité des femmes au travail, leurs expériences émotionnelles et leurs subordinations, leurs sentiments d’impuissance, d’infériorité et d’asservissement à leur travail et dans leurs foyers est des éléments-clés de toute expérience d’apprentissage qui se veut pertinent.
Conclusion
Un nouveau programme politique est nécessaire pour répondre aux besoins des femmes djiboutiennes dans le cadre d’une économie de plus en plus ouverte.
Bien qu’il soit question beaucoup question de la participation des femmes, force est de constater que les discours ne sont pas suffisamment accompagnés d’une action correspondante pour promouvoir leur éducation afin d’affronter les risques et de relever les défis que génére l’économie mondialisée (pauvreté et tous ses corolaires, extrémisme religieux etc.).
La grande majorité des femmes djiboutiennes ne pourra participer à cette nouvelle économie si elles n’ont pas accès à la formation tout au long de leur vie.
Ouvrir un plus grand nombre d’écoles primaires et de centre apprentissage avant de résoudre la question de la participation féminine à l’éducation ne peut résoudre en soi le problème.
L’alphabétisation à elle seule n’est pas suffisante, il faut aussi résoudre la question de la qualité et de la pertinence à tous les niveaux du système éducatif.
L’éducation des femmes djiboutiennes doit faire l’objet d’une approche multiple et diversifiée.
